L'important organisme de retraite complémentaire, l'Agirc-Arrco, a récemment découvert près de 100 000 dossiers de retraités, soupçonnés d'avoir vu leurs pensions suspendues par erreur. Cette situation pourrait représenter un préjudice évalué à 850 millions d'euros. Pour remédier à ces erreurs, l'organisme s'engage à régulariser toutes les situations et à restituer les arriérés avant la fin de l'année.
Dans un grand coup de balai administratif, l'Agirc-Arrco souhaite s'assurer que le droit à la retraite ne se perd pas derrière un simple formulaire non rempli. Selon des informations rapportées par Le Parisien, des relances administratives restées sans réponse ont conduit à la suspension des pensions complémentaires de nombreux seniors.
Des certificats de vie au cœur du problème
Les suspensions concernaient principalement deux groupes de retraités : les expatriés qui n'avaient pas soumis leur certificat de vie, ainsi que les veufs et veuves n'ayant pas apporté la preuve de leur situation de non-remariage. Jusqu'à présent, l'absence de ces documents entraînait une coupure automatique des versements. Toutefois, grâce à une meilleure connexion entre les fichiers de l'Agirc-Arrco et ceux de la Direction générale des finances publiques (DGFiP), l'organisme a réussi à identifier de nombreux bénéficiaires toujours en vie et éligibles à leurs droits.
Une régularisation massive
L'Agirc-Arrco a déclaré cette opération comme étant une véritable démarche volontariste, afin que personne ne soit lésé dans ses droits. Sur les 100 000 dossiers soulevés, environ 35 000 ont déjà été examinés, avec pour résultat la restitution de 20 000 pensions. Pour faire face aux remboursements à venir, l'organisme a provisionné 300 millions d'euros dans ses comptes.
Des cas parfois insolites
Dans sa quête de précision, l'Agirc-Arrco a noté des situations intéressantes : parmi les dossiers en vérification, 16 000 concernent des retraités qui auraient plus de 110 ans. Toutefois, avec seulement une cinquantaine de supercentenaires en France, il est probable que ces suspensions restent définitives pour la plupart. Pour les autres retraités, le retour à la normale est prévu avant le 31 décembre prochain.







