Ce lundi 11 mai, un terrible incendie a ravagé un immeuble résidentiel à Décines-Charpieu, près de Lyon, entraînant la mort de trois personnes et faisant plusieurs blessés. Le feu a éclaté aux alentours de 7 h 30 et a nécessité une intervention massive des sapeurs-pompiers, qui ont mobilisé une trentaine de véhicules et trois grandes échelles pour évacuer au moins vingt personnes, y compris des enfants en bas âge. Le choc est palpable au sein de la communauté.
“C'est comme 'boom !', une explosion, des choses comme ça. J'ai vu le feu au septième étage, il y avait des gens qui tombaient,” se souvient une habitante, visiblement affectée par les événements. Le bilan est lourd : trois morts et quatorze personnes blessées, dont certaines sont en urgence relative. Les premiers éléments indiquent que le feu aurait pris à plusieurs étages, ce qui alimente la probabilité d’un acte criminel, compte tenu du climat tendu dans le quartier, marqué par des fusillades et de nombreux incendies volontaires.
“Dans ce quartier, on parle de feux de paillassons sous l'effet de tensions liées à la guerre du narcotrafic. La police est très présente, mais cela ne semble pas suffire,” a déclaré Antoine Guerin, préfet délégué à la défense et à la sécurité du Rhône. Des résidents, longtemps tranquilles, se montrent désormais inquiets. “Il y avait une bonne ambiance, et puis tout a changé, nous ne comprenons pas ce qui se passe,” témoigne un voisin.
Des militaires de l'opération Sentinelle bientôt déployés ?
Les autorités évoquent une escalade de la violence territoriale. Deux semaines auparavant, une femme avait été blessée par une balle perdue. Pour la mairie, la situation devient critique. “Cela fait des semaines que ce climat persiste. La présence policière est renforcée, mais nous avons l’impression que la République est en train de perdre pied dans ce quartier où les gens vivent normalement,” s'inquiète Jean-Emmanuel Alloin, premier adjoint à la sécurité de la mairie de Décines-Charpieu.
Face à ce drame, une cellule psychologique a été mise en place pour soutenir les victimes de l’incendie. La préfecture envisage également de renforcer les effectifs de police, avec une possible intervention des militaires de l'opération Sentinelle pour tenter de rétablir la sécurité.







