Le phénomène inquiète sérieusement la Direction nationale de la police judiciaire (DNPJ). En 2024, seulement dix-huit cas d’enlèvement et de séquestration liés aux cryptomonnaies ont été signalés. En 2025, ce nombre a explosé à 67, et déjà plus de quarante cas ont été enregistrés depuis le début de 2026, deux de ces incidents se produisant dans la région de Bordeaux.
Une première affaire à Anglet a eu lieu en janvier dernier et une autre à Péchabou, près de Toulouse, en mars. Lors d’un incident à Dompierre-sur-Mer, en décembre 2025, un couple a été extorqué de huit millions d'euros en cryptomonnaies par trois malfaiteurs cagoulés. Tous les suspects ont été rapidement interpellés grâce à une enquête menée par la Jirs de Rennes.
«Ces individus, souvent très jeunes et violents, agissent sous des commanditaires, recrutés sur des plateformes sociales», souligne Renaud Gaudeul, procureur de la République de Bordeaux. Certains d'entre eux sont même mineurs, désireux d'agir pour quelques centaines d'euros.
Ces équipes se décrivent comme des «jobbeurs», montrant peu de professionnalisme dans l’exécution de leurs missions, souvent armés, elles ont recours à la violence pour obtenir des informations sur les portefeuilles de cryptomonnaies des victimes.
Des victimes ciblées
«Les victimes sont souvent choisies par les commanditaires, collectant des adresses électroniques et autres données personnelles, parfois révélées à la suite de fuites d’informations, comme celles sur l’application fiscale Waltio», explique le colonel Mikaël Petit, chef de la section de recherches de la gendarmerie de Toulouse.
Le 23 mars à Péchabou, une femme de 57 ans a laissé entrer un faux livreur, qui, accompagné de complices armés, a réussi à transférer 68 000 euros en cryptomonnaie et à s'emparer de bijoux. Les investigations ont permis de retrouver le véhicule utilisé pour cette opération à Aubagne, où les gendarmes ont découvert des armes de guerre, y compris un fusil d’assaut AK-47.
«Elles étaient prêtes à l’emploi et l’enquête a révélé que les suspects envisageaient des actions d’une grande violence», précise le procureur Gaudeul.
Des conséquences judiciaires graves
Les enquêteurs ont réussi à identifier la plupart des participants, qui ont été mis en examen et placés en détention provisoire. L'extorsion et la séquestration en bande organisée avec arme pourraient les conduire à purger des peines très lourdes, possiblement jusqu'à la réclusion criminelle à perpétuité.







