Ce jeudi 2 juillet, Ysoufou Traoré, le frère d'Adama Traoré, a été condamné à Paris à huit mois de prison sous bracelet électronique pour outrage et violences à l'égard des forces de l'ordre, lors d'une manifestation non autorisée commémorant son frère.
Son avocat, Me Yassine Bouzrou, a immédiatement annoncé son intention de faire appel, qualifiant le verdict de "mascarade judiciaire". Il a également réclamé une révision de la perception des forces de l'ordre et a déclaré : "M. Traoré a osé gesticuler pendant que les policiers le maltraitaient au sol, ce qui témoigne d'une réelle situation d'impunité".
Des accusations de violence corroborées par des vidéos
Sa sœur, Assa Traoré, a exprimé son agacement face à un procès qu'elle considère totalement biaisé, déclarant qu'il s'agit d'un "acharnement sur la famille Traoré". Le tribunal a reconnu Ysoufou coupable de plusieurs faits reprochés, soulignant que ces actes de violence avaient été capturés dans de nombreuses vidéos.
Le jeune homme a également été condamné à verser des amendes totalisant jusqu'à 1 100 euros aux policiers impliqués.
Une défense contestée par le jeune homme
Ysoufou Traoré, qui a clamé son innocence durant le procès, a rétorqué : "C'est un mensonge, je n'ai jamais frappé un policier". Ce dernier a d’ailleurs exprimé ses craintes de se faire maîtriser de manière brutale, évoquant le décès de son frère Adama, survenu lors d'une interpellation par la gendarmerie de Persan en 2016.
Le contexte entourant la mort de Nahel, un jeune homme tué récemment dans des circonstances similaires, a exacerbé la tension. Les autorités ont interdit la manifestation prévue le 8 juillet à la mémoire d'Adama Traoré, en raison de l'animosité ambiante.
La peur de la répression
Lors de ces événements, Ysoufou a été accusé d'avoir proféré des injures à l'encontre d'une commissaire ainsi que d'avoir frappé un autre policier au thorax. Il a lui-même subi des blessures lors de son arrestation et a porté plainte auprès de l'IGPN, plainte qui a été classée sans suite. "Je ne voulais pas aller au sol, car je craignais pour ma vie", a-t-il indiqué après la décision du tribunal.
Les images diffusées montrent une arrestation violente, où plusieurs policiers se jettent sur lui, provoquant une vague d'indignation au sein du public et des mouvements sociaux. Le père de quatre enfants a justifié son rejet des forces de l'ordre par une peur profonde d'une issue fatale, semblable à celle qu'a connue son frère.
Cette condamnation suscite des interrogations importantes autour de la gestion de la violence policière en France et des droits civiques, alors que la famille Traoré continue de revendiquer justice.







