Ce vendredi, un homme comparaît au tribunal d'Aix-en-Provence pour avoir commandé une poupée sexuelle à l'apparence d'un enfant. Ce cas est l'un des premiers à être jugés depuis l'émergence d'une polémique sur la vente de telles poupées sur des plateformes internationales, notamment en provenance de Chine.
Deux mois auparavant, des employés d'une société de livraison avaient alerté la gendarmerie de Bouc-Bel-Air après la découverte d'un colis contenant une poupée représentant un enfant. Le procureur d'Aix-en-Provence a rapporté que le receveur, un homme de 56 ans déjà condamné pour des faits d'agression sexuelle, avait reconnu son achat en vue d'une utilisation sexuelle.
La haute-commissaire à l'Enfance, Sarah El-Haïry, a déclaré : "Commandée par un homme, cette poupée représente un véritable danger et alimente des pulsions pédocriminelles". Les représentations réalistes d'enfants sous forme d'objets sexuels sont illégales en France, avec des peines pouvant atteindre cinq ans de prison et 75 000 euros d'amende pour ceux qui en font acquisition.
Le prévenu a effectué sa commande sur un site nommé Hydoll.fr, une plateforme encore accessible en France, qui offre une variété de poupées à l'effigie d'enfants. Le phénomène a suscité l'inquiétude de nombreuses organisations. Des experts, tels que le pédopsychiatre Dr. Philippe Jeammet, soulignent que "la banalisation de ces objets peut entraîner des comportements déviants chez certains individus".
La réponse judiciaire à ces crimes semble s'intensifier. En mi-décembre, une opération coordonnée a mené à l'arrestation d'une vingtaine de personnes, soupçonnées d'avoir commandé diverses poupées sexuelles sur des sites comme Shein et AliExpress. L'un d'eux a été condamné à deux ans de prison ferme pour possession de contenus pédopornographiques, ainsi que pour des agressions sexuelles sur une mineure, mettant en lumière la gravité de cette problématique sociétale.
Face à cette montée de la criminalité liée à ces objets, le débat public s'intensifie. Les autorités actuelles, en concert avec des groupes de défense de l'enfance, appellent à une réaction législative plus rapide pour interdire ces pratiques.







