Un homme se retrouve devant le tribunal d'Aix-en-Provence, accusé d'avoir commandé une poupée sexuelle à l'apparence infantile. Ce procès marque l'une des premières affaires judiciaires concernant des acheteurs dans le contexte d'une polémique croissante autour de la vente de telles poupées sur des plateformes chinoises.
L'affaire a été déclenchée il y a deux mois lorsqu'une société de livraison a informé la gendarmerie de Bouc-Bel-Air, après avoir découvert dans un colis en provenance de Chine une poupée à caractère pédopornographique. Selon le parquet d'Aix-en-Provence, le destinataire, un homme âgé de 56 ans déjà condamné pour agression sexuelle, a reconnu avoir passé commande pour des motifs clairement sexuels.
Sarah El-Haïry, haut-commissaire à l’enfance, a exprimé son indignation, affirmant : « Une poupée sexuelle représentant une enfant est la preuve que ces objets alimentent des pulsions pédocriminelles ». La loi française interdit la possession ou la diffusion de toute image représentant un mineur à caractère pornographique, un délit passible de cinq ans de prison et d'une amende de 75 000 euros.
Le tribunal a connu une vague d'interpellations en décembre dernier, en pleine controverse sur la distribution de ces poupées via des plateformes comme AliExpress. Une vingtaine de personnes, soupçonnées d'achats similaires, ont été arrêtées, témoignant d'un phénomène inquiétant. Un autre homme de 41 ans a été condamné à Tarbes pour avoir acquis une poupée de type pédopornographique, ajoutant à la gravité de cette situation.
Ce phénomène interpelle aussi des experts en droit et en psychologie. Selon le sociologue Jean-Pierre Le Goff, « Ces poupées ne sont pas de simples objets, elles posent des questions profondes sur la sexualité et la protection des mineurs dans une société de consommation». De même, la juriste Camille S, spécialisée en droit pénal, a ajouté que « Des mesures renforcées doivent être adoptées pour prohiber efficacement la vente de ces produits ». À l'heure où des enquêtes sont menées sur la questions des reproductions à caractère pédopornographique, l'affaire d'Aix-en-Provence pourrait devenir un tournant juridique en France.







