Deux ans après une crise dévastatrice provoquée par la contamination au norovirus, les producteurs d’huîtres du bassin d’Arcachon commencent à voir le bout du tunnel. Bien que la situation s'améliore, le chemin du renouveau est parsemé d’embûches.
À Gujan-Mestras, les ostréiculteurs, comme Sébastien de Cap au Large, s'activent pour satisfaire une clientèle revenue sur leurs terres. “Toute la clientèle est revenue”, se félicite-t-il, même si l’ombre de la méfiance plane encore sur certains consommateurs. Alain, un fidèle client de Biganos, témoigne : “Tous les dimanches, je viens acheter des huîtres parce que je fais confiance aux producteurs”.
Cependant, une frange de consommateurs reste prudente, déstabilisée par la crise. Sébastien mentionne que, malgré leurs efforts pour rassurer, “certains ne comprennent pas qu’il n’y a plus de risque”. Cette méfiance a entraîné une baisse des ventes allant jusqu'à 40% depuis 2023.
Une tempête difficile à surmonter pour les producteurs
Christophe, ostréiculteur depuis 1995, fait écho à ces prochaines difficultés. Selon lui, retrouver les chiffres d’avant la crise semble utopique. “A Noël, nous n’avons réalisé que des chiffres similaires à l’an dernier, qui n'était déjà pas une excellente année”, s'attriste-t-il. Les marchés témoignent également d'une désaffection, passant de 20 à 10 clients réguliers.
Un autre défi s'impose au bassin d'Arcachon : 81% des huîtres élevées meurent avant d’atteindre leur première année, un chiffre alarmant qui nécessité une attention particulière.
Des mesures prises pour sécuriser la filière
Pour pallier ces défis, le Comité régional de la conchyliculture a mis en place diverses mesures. Trois puits d'eau de mer ont été forés à Gujan-Mestras, Andernos et au Cap-Ferret, offrant aux producteurs la possibilité d'un circuit fermé avec de l'eau saine. “Cela nous permet de travailler en circuit fermé quand c'est nécessaire”, explique Sébastien. “Personnellement, j’utilise deux tiers d’eau de mer classique et un tiers d’eau provenant d’un puits foré”. Ces initiatives visent à rassurer les consommateurs tout en préservant la qualité des produits.
Avec le soutien du gouvernement, ces installations ont été financées dans le cadre d’un plan de relance. Malgré la tempête actuelle, ces efforts témoignent de la résilience et de l’adaptabilité des ostréiculteurs face aux défis économiques et environnementaux.







