Caroline Banc, agricultrice âgée de 40 ans, s'est installée il y a cinq ans près d'Uzès, dans le Gard, après avoir travaillé dans l'industrie agroalimentaire. En quête d'une aide pour son projet de fromagerie, elle décide de publier une annonce sur Le Bon Coin. C'est alors qu'un homme, se présentant sous le nom de "Paul", entre dans sa vie.
Séduite par son charme et sa compétence, Caroline le décide à s'installer chez elle. "Il avait de grandes connaissances en mécanique et m'a aidé à réparer ma voiture. Il m'a même proposé de réparer mon toit qui fuyait", se remémore-t-elle. Cependant, rapidement, cet homme commence à demander plus d'autonomie, s'isolant dans la maison.
Une disparition soudaine
Trois semaines plus tard, le prétendu Paul disparaît avec toutes les économies de Caroline. "Il a pris tout mon cash, tout ce que j'avais mis de côté pour mon exploitation", explique-t-elle, sa voix trahissant une profonde déception. Caroline découvre que l'escroc a dérobé l'argent caché dans un mur, l'ayant probablement détecté grâce à un détecteur de métaux.
La perte de 15 000 euros est un coup dur pour cette agricultrice qui, face à l'inaction des gendarmes, a déposé plainte. Cependant, l'escroc, identifié sous le nom de Frédérick Q., âgé de 46 ans et né dans le Maine-et-Loire, reste introuvable malgré un mandat d'arrêt lancé contre lui.
Une quête déterminée
Ne pouvant accepter cette situation, Caroline décide de se lancer à la recherche de l'escroc aux côtés d'une autre victime, Eve Champavier, également agricultrice. Les deux femmes, ayant trouvé un soutien dans un groupe Facebook créé pour les victimes, cherchent à le piéger en postant de fausses annonces. "Il a répondu à l'une d'elles", raconte Caroline, qui espère enfin retrouver l'homme qui lui a volé sa tranquillité.
Pour éviter de prendre des risques, elles sollicitent l'aide des autorités. Malgré la demande d'autorisation de géolocaliser l'escroc, les procédures semblent bloquées. Le général Emmanuel Casso, chef de la gendarmerie du Gard, a reconnu le sentiment de délaissement ressenti par les victimes mais rappelle l'importance de respecter la législation en matière d'enquête.
"Aujourd'hui, une femme subit des violences toutes les six heures dans le Gard", souligne-t-il, expliquant la priorité accordée aux affaires criminelles. Caroline, toujours frustrée par cette impasse, ne peut s'empêcher de dire : "Ça me rend dingue. Toute cette énergie déployée pour que, derrière, l'escroc soit toujours en liberté." Cette histoire met en lumière les défis auxquels sont confrontées les victimes d'escroqueries, appelant à une attention accrue de la part des autorités.







