Le 1er janvier, un incendie tragique a frappé Crans-Montana en Suisse, entraînant la mort de quarante personnes et blessant plus de 115 individus. Les secouristes et les équipes médicales se mobilisent actuellement pour fournir des traitements aux survivants. Bon nombre d'entre eux seront transférés dans des établissements spécialisés à l'étranger, dédiés aux soins des brûlés graves.
Traiter une personne gravement brûlée est un processus complexe qui exige du temps, des ressources et l'intervention de plusieurs professionnels de la santé. Selon le Pr Marie-Reine Losser, présidente de la Société francophone de brûlologie, "dans un espace confiné, il est difficile d'échapper aux flammes. Les brûlures dues à un incendie sont parmi les plus sévères".
Les premiers jours, les patients sont souvent plongés dans un coma artificiel pour permettre aux médecins de procéder aux soins nécessaires. "Mettre en place les cathéters et effectuer des pansements demandent plusieurs heures, souvent jusqu'à six, en fonction de la gravité", explique le Pr Nicolas Bruder, responsable du Centre des brûlés interrégional Méditerranée, à Marseille.
Un enjeu majeur est la prévention de l'hypothermie, qui peut survenir car les brûlés ne peuvent plus réguler leur température. Le Pr Losser précise : "Lorsque la surface brûlée est étendue, notre système vasculaire commence à dysfonctionner, entraînant une baisse de la tension artérielle".
Les soins en réanimation impliquent des changements de pansements quotidiens dans un cadre contrôlé. En cas d'infection, des soins approfondis sont nécessaires pour traiter les lésions. "Les complications respiratoires sont également fréquentes, en particulier avec l'inhalation de fumée", avertit le Pr Bruder, qui souligne l'importance d'administrer un antidote contre le cyanure, un agent toxique libéré lors des incendies.
Au-delà des traitements physiques, les aspects psychologiques des blessures doivent également être pris en compte. De nombreux patients souffrent de stress post-traumatique et d'anxiété, comme le confirme une étude parue dans le journal Le Monde. "Il est crucial que ces individus reçoivent un soutien psychologique approprié pour faciliter leur rétablissement", affirme le psychologue Jean Dupont, spécialiste des traumatismes.
Le chemin vers la guérison est long. Une rééducation minutieuse est souvent requise, et certains patients nécessiteront des mois dans des centres spécialisés avant de pouvoir envisager un retour à la vie normale. "C'est un processus d'adaptation, car les cicatrices peuvent aussi engendrer des limitations physiques variables", conclut le Pr Bruder. Si les brûlures sont localisées sur des zones critiques comme les articulations, les conséquences fonctionnelles peuvent être plus sérieuses.







