Suite à l'incendie dévastateur survenu dans un bar à Crans-Montana, 119 personnes ont été blessées, nécessitant des soins intensifs dans plusieurs établissements médicaux à travers la Suisse et au-delà. Les traitements des grands brûlés sont complexes et exigent une attention médicale rigoureuse.
Selon le Pr Nicolas Bruder, directeur du Centre des Brûlés Inter-Régional Méditerranée à Marseille, la prise en charge débute par une procédure d'anesthésie. Cela permet d'effectuer des pansements et de nettoyer les blessures, une opération qui peut durer de trois à six heures. Ce nettoyage minutieux est crucial pour préparer la peau à une guérison optimale.
Surveillance de l'hypothermie et douleur aiguë
Le suivi des patients brûlés englobe également la prévention de l'hypothermie, un problème grave, car les brûlés perdent leur capacité à réguler leur température corporelle. Casseroles chauffantes et transport dans des véhicules à température contrôlée font partie des protocoles mis en place pour contrer ce risque. Le Pr Marie-Reine Losser, présidente de la Société francophone de brûlologie, met en avant que plus la surface brûlée est étendue, plus le risque de dysfonction cardiaque et de tension basse augmente.
Les soins quotidiens impliquent des pansements, initialement réalisés chaque jour, puis tous les deux jours, souvent sous anesthésie. Les médecins doivent porter une attention constante à la gestion de la douleur, car les souffrances physiques liées aux brûlures sont intenses et peuvent entraîner des complications, y compris des infections.
Conséquences respiratoires et traitements spécialisés
Les complications respiratoires dues à l'inhalation de fumée sont également à vérifier. “L'inhalation de toxines, comme le cyanure dégagé par certains matériaux brûlés, peut avoir des effets dévastateurs sur les poumons,” note le Pr Losser. Un traitement immédiat est indispensable, et l’administration de liquides, jusqu'à dix litres dans les premières 24 heures, doit être surveillée pour éviter un œdème pulmonaire.
Une équipe pluridisciplinaire, incluant anesthésistes, infirmiers et thérapeutes, joue un rôle essentiel dans les soins. Les infirmières, en particulier, subissent des formations avancées pour gérer des pansements complexes, chacun pouvant nécessiter des heures de soin.
Suivi nutritionnel et soutien psychologique
Pour une cicatrisation efficace, une nutrition adaptée est essentielle. Les personnes âgées ou celles souffrant de maladies préexistantes comme le diabète peuvent avoir une cicatrisation moins efficace. De plus, il est impératif d'introduire un soutien psychologique dès que possible, car les séquelles psychologiques d'un tel traumatisme sont souvent sévères. Des études révèlent que près de 20 % des survivants de brûlures graves développent des troubles de stress post-traumatique.
Après plusieurs mois de soins intensifs, les grands brûlés passent souvent par des centres de réhabilitation. Selon les experts, il faut généralement compter six mois, voire plus, avant qu'ils ne puissent envisager un retour à la maison. Beaucoup d'entre eux devront s'adapter physiquement et professionnels à leurs nouvelles réalités.
Ce tragique incident a mis en lumière non seulement la résilience des victimes, mais également le dévouement des équipes médicales qui œuvrent sans relâche pour la reconstruction de ces vies brisées.







