Lors d'une récente audience relative à l'appel concernant les assistants parlementaires du Rassemblement National, Nicolas Bay, ex-eurodéputé et actuel membre du conseil régional de Normandie, a reconnu le rôle structurant de son ancien assistant, Timothée Houssin, dans certaines de ses activités politiques. Ce dernier, élu député de l'Eure en 2022, œuvrait sous la direction de Bay depuis son arrivée au Parlement européen en 2014.
Bay a affirmé : “Je reconnais qu'avec mes activités politiques nationales qui m'accaparaient, Timothée Houssin m'a aidé dans ces tâches-là.” Cependant, il a minimisé la gravité de la situation en expliquant qu'il ne s'était pas rendu compte qu'il s'agissait d'un éventuel détournement de fonds, une opinion nuancée par la présidente de la cour d'appel, Michèle Agi, qui a qualifié ces faits de “réponse de Normand”, suscitant un rire dans la salle.
Les conditions entourant cette affaire soulèvent des interrogations sur la transparence des pratiques du parti. En effet, Houssin était répertorié comme l'assistant du secrétaire général du Front National, mandat que Nicolas Bay a occupé à l'époque. En réponse aux préoccupations soulevées, Bay a évoqué des “zones grises” dans ses pratiques, affirmant qu'à l’époque, il n’avait pas réalisé la portée de ces agissements. Selon lui, “en 2025, cela apparaîtra clairement comme un détournement, mais en 2015, c’était moins évident.”
Cette affaire met également en lumière des préoccupations plus larges au sein du Rassemblement National. Plusieurs experts en politique ont souligné que ce type de situation peut nuire à la perception publique du parti, qui revendique pourtant des valeurs de transparence et d’intégrité. À ce sujet, Pierre Duval, politologue à l'Université de Paris, a déclaré : “Ce genre d’affaires ne fait qu’éroder la confiance des électeurs.”
Le procès, qui doit s’achever le 11 février 2026, pourrait avoir des répercussions durables sur la crédibilité du Rassemblement National à l'approche des prochaines échéances électorales.







