Caroline Darian est devenue une voix influente dans la lutte contre la soumission chimique, elle en parle avec passion lors de son intervention dans La Tribune Dimanche. "C'est à la victime de prouver qu'elle est victime", souligne-t-elle, exprimant son indignation face à la manière dont les victimes sont souvent traitées au tribunal.
Le jugement rendu le 27 janvier témoigne d'une évolution dans la justice française. Caroline Darian en convient : "La peine prononcée contre Joël Guerriau envoie un signal fort". Elle rappelle qu'il y a quelques années, des peines moins sévères étaient infligées pour des actes similaires, citant le cas de Laurent Bigorgne, ancien président de l'Institut Montaigne, condamné à douze mois avec sursis. La reconnaissance croissante de la soumission chimique dans le langage juridique est une avancée importante, qui pénètre même les dictionnaires.
Un système judiciaire à réformer
Malgré ces avancées, Caroline Darian est lucide : "La marge de progrès reste importante". La quadragénaire a encore en mémoire le procès de sa mère, où elle a été confrontée à une humiliation publique. "Il a fallu éplucher la vie sexuelle de ma mère. C'était insupportable", raconte-t-elle, déplorant que le respect des victimes ne soit pas une norme universelle dans les différentes cours.
"Nous devons dépoussiérer notre système judiciaire", affirme Caroline. "Il doit y avoir un statut de victime reconnu, même en l'absence de verdict".
Elle interpelle également sur le manque de ressources dédiées à la lutte contre la soumission chimique. Les associations comme "M'endors pas" peinent à se faire entendre dans un paysage où cette problématique n'est pas encore considérée comme une priorité de santé publique. Caroline Darian conclut en avertissant que sans un changement de mentalité et de financement, les victimes continueront à souffrir tant de l'absence d'écoute que d'un soutien insuffisant.







