Dans son livre intitulé Et la joie de vivre, qui sera disponible le 17 février prochain chez Flammarion, Gisèle Pelicot relate son engagement dans l'affaire des viols de Mazan. Des extraits de ce récit marquant ont été publiés ce jour par Le Monde. À travers ces pages, elle revit le procès qui l'a propulsée au rang de figure emblématique de la lutte contre les violences faites aux femmes.
Dans ses mémoires, Pelicot évoque courageusement les événements tragiques qui ont eu lieu dans les années 2000, quand son mari était impliqué dans des affaires de viols réunissant plusieurs agresseurs. Elle souligne l'importance de sa décision d'opter pour un procès public plutôt qu'un huis clos, une démarche audacieuse qu'elle considère presque impensable si elle avait été plus jeune.
"Si j'avais eu vingt ans de moins, je n'aurais peut-être pas osé refuser le huis clos", se remémore-t-elle. Ce témoignage témoigne de son cheminement personnel, l'amenant à dépasser la peur des regards et des jugements. "La honte semble s'estomper avec l'âge", confie-t-elle.
Réflexions sur le rôle de la justice
Gisèle Pelicot exprime également son appréhension d'affronter un grand nombre d'accusés. "Est-ce que je ne les protégeais pas en fermant la porte ?", s'interroge-t-elle, souligne les dilemmes moralement conflictuels auxquels elle a dû faire face tout au long de cette affaire. Son livre dépeint également sa stupeur face aux preuves photographiques des violences subies, où elle ne reconnaît ni les individus ni la version d’elle-même qui apparaît sur ces images.
Malgré la tragédie de son histoire, le combat de Gisèle Pelicot a inspiré de nombreux défenseurs des droits des femmes, la qualifiant de "figure", voire d"icône". Néanmoins, elle insiste sur sa normalité, affirmant : "Arrêtez de dire que je suis une icône. C'est malgré moi. Je suis une femme ordinaire qui a levé le huis clos".
Cet ouvrage vise à non seulement raconter une histoire personnelle mais aussi à sensibiliser le grand public sur des problématiques de viol et de silence autour de la violence à l'égard des femmes. À travers cette démarche, Pelicot espère ouvrir une discussion nécessaire sur la lutte pour la justice.







