Le 9 février dernier, un étudiant de l'Université Cheikh Anta Diop (UCAD) à Dakar a tragiquement perdu la vie lors d'affrontements avec des forces de sécurité. Il s'agit d'un événement qui a provoqué une onde de choc à travers le pays. Selon un rapport de l'Agence France-Presse (AFP), le gouvernement sénégalais a qualifié cet incident de « tragédie », en reconnaissant également des « actes de violence » de la part des forces de défense lors de l'intervention sur le campus, où des manifestations d'étudiants ont lieu depuis des mois pour revendiquer le paiement tardif de leurs bourses.
Les troubles sont exacerbés par une crise économique persistante qui touche particulièrement la jeunesse sénégalaise. Le ministre de l'Intérieur, Mouhamadou Bamba Cissé, a exprimé sa profonde consternation lors d'un point de presse, soulignant que « ce qui s’est passé hier constitue une tragédie ». Ce constat est partagé par de nombreux étudiants qui continuent de dénoncer les violences policières lors de rassemblements pacifiques. Des manifestations récentes avaient déjà mis en lumière la colère des étudiants face à des retards de bourse, exacerbés par une situation économique de plus en plus délicate, comme le rapporte Ouest-France.
La victime, un étudiant en médecine dénommé Abdoulaye Ba, a perdu la vie à l'UCAD, un établissement réputé qui accueille des milliers d'étudiants. Les circonstances entourant son décès demeurent troubles, avec des témoignages accusant les forces de sécurité d'avoir eu recours à la violence excessive. « Abdoulaye Ba a été brutalement torturé à mort par les policiers », a affirmé un collectif d'étudiants dans un communiqué transmis à l'AFP, renforçant ainsi l'appel à une enquête approfondie. Le ministre a également mentionné l'ouverture d'une enquête, promettant que des « sanctions » pourraient être envisagées.
Les tensions entre étudiants et forces de sécurité au Sénégal ne sont pas nouvelles. Des incidents similaires ont été rapportés dans le passé. L'UCAD, un phare de l'enseignement supérieur en Afrique de l'Ouest, a été le théâtre de plusieurs conflits, souvent motivés par des revendications légitimes des étudiants. À ce jour, le gouvernement fait face à une pression croissante pour mettre fin à la violence sur les campus universitaires, alors que des organisations de défense des droits de l'homme expriment leur inquiétude face à la situation actuelle.
En conséquence des récents affrontements, les autorités ont décidé de fermer le campus social de l'université jusqu’à nouvel ordre, contraignant de nombreux étudiants à quitter leurs logements. La colère des étudiants s'intensifie, avec des appels directs au gouvernement pour qu'il agisse afin d'éviter que de tels incidents se reproduisent. « On en a marre…», a affirmé Oumar Ba, un étudiant de 26 ans, relayant un sentiment partagé par beaucoup en ces temps d'incertitude.







