Un adolescent de 15 ans, originaire de Carpentras, est actuellement jugé à Paris pour le meurtre brutal de Nessim Ramdane, un chauffeur de VTC de 36 ans, abattu par balle le 4 octobre 2024 à Marseille. Ce procès, qui se déroule à huis clos devant le tribunal pour enfants, est un événement marquant dans le pays, suscitant de vives réactions au sein de la société.
Au lendemain de son intervention, le tribunal devra se prononcer ce jeudi 12 février. L’accusé, qui ne peut être nommé en raison de son âge, risque jusqu'à 20 ans de réclusion criminelle, compte tenu des circonstances aggravantes du crime. À l’inverse, s’il avait été majeur lors de l'infraction, il aurait encouru la peine de la perpétuité. La législation en vigueur permet néanmoins d’appliquer la circonstance atténuante de la minorité dans ce cas précis.
Ce procès s'inscrit dans un cadre plus large, où des questions de violence juvénile et de l'implication des réseaux sociaux, comme Snapchat, dans la крим intégration des jeunes sont soulevées. Selon des experts, cette affaire met en lumière des carences tant à l'intérieur des structures familiales que des institutions censées encadrer les jeunes. Une enquête a révélé que le jeune accusé avait été exposé à un environnement fragile, ce qui peut expliquer son engagement dans cette affaire tragique.
La nuit fatidique, Nessim Ramdane a été découvert dans son véhicule, encastré contre le mur d'une école maternelle à Marseille, ce qui a choqué la communauté locale. La police, après avoir découvert le corps du chauffeur, a reçu un appel d'un détenu prétendant être membre du gang marseillais DZ Mafia, affirmant avoir commandité le meurtre dans une guerre entre narcotrafiquants. Des témoins de la scène affirment qu'ils ont entendu des coups de feu peu avant la découverte de Ramdane.
Ce procès est le premier à être pris en charge par le nouveau Parquet national anticriminalité organisée (Pnaco), qui a été mis en place début janvier. Ce mécanisme vise à mieux encadrer les affaires de criminalité organisée, et particulièrement celles impliquant des jeunes. Plusieurs voix s’élèvent pour plaider pour une meilleure prévention et un soutien accru aux familles dans des situations similaires. Selon un spécialiste de la sécurité urbaine interrogé par Le Monde, "il est essentiel d’intervenir en amont pour éviter que de tels drames ne se reproduisent, en renforçant les liens entre les familles et les institutions dédiées aux jeunes".







