Condamnée à plusieurs reprises pour le meurtre de son mari, surnommée par les médias « la veuve noire », Edwige Alessandri a malgré tout gardé espoir. Geoffrey Le Guilcher, dans son livre Les deux mégots, publié aux éditions Goutte d'Or, se fixe pour mission de rétablir la vérité.
Dans cette enquête captivante, Le Guilcher décortique le dossier et met en lumière les nombreuses incohérences des investigations menées après le meurtre de Richard Alessandri en juillet 2000 à Pernes-les-Fontaines, comme le rapportent également plusieurs médias français.
Edwige Alessandri évoque une intrusion dans leur domicile, où des individus ont tiré sur son mari. Pourtant, l’enquête s'est rapidement orientée vers une accusation de meurtre contre elle-même. Pour Le Guilcher, « il est clair que la justice a commis une somme insensée d'injustices » dans cette affaire.
Un déjeuner révélateur en 2023
Tout commence lors d'un déjeuner avec Me Damien Brossier, avocat, qui lui lance : « Si vous voulez une innocente, j'en ai une ». Cette phrase marque le début d'une enquête qui plonge Le Guilcher dans des milliers de pages de documents judiciaires, auprès de témoins et d'experts.
« J'ai découvert l'ampleur de cette erreur judiciaire et j'ai réalisé que cela méritait ma pleine attention », confie-t-il.
Une nuit tragique
Le 16 juillet 2000, au cœur de la nuit, un tir retentit dans la maison d'Edwige et Richard Alessandri. Elle raconte avoir vu un homme armé et entendu un cri avant que Richard ne succombe à ses blessures. Edwige ne peut s'empêcher de penser qu'il s'agissait d'un cambriolage qui a mal tourné.
La piste des cambrioleurs écartée
Malgré les preuves attestant d'une intrusion criminelle, les enquêteurs se concentrent rapidement sur Edwige. Selon Le Guilcher, cette orientation incorrecte provient d'une mauvaise interprétation dès l'appel au SAMU. Les premiers intervenants sont influencés par des informations erronées, qui dénaturent la suite des investigations.
Les éléments cruciaux, tels que les traces de pas ou les mégots trouvés sur les lieux, n'ont pas été suffisamment exploités par les enquêteurs, comme l'indique Le Guilcher, et plusieurs témoignages importants ont été ignorés.
Les faux aveux
D'autres complications surgissent lors de la garde à vue d'Edwige et de ses fils, où des propos sont mal interprétés. Le fils aîné finit par accuser sa mère après de longues heures de pression. Le Guilcher souligne que ce type de faux aveux est fréquent chez les jeunes en situation de stress intense.
Une nouvelle lueur d'espoir
Finalement, en 2009, un test ADN sur des mégots trouvés sur les lieux du crime identifie un homme auparavant impliqué dans des cambriolages. Malgré cela, la théorie du cambriolage est encore écartée par les enquêteurs.
Aujourd'hui, après plusieurs années de travail, Le Guilcher espère que les nouveaux éléments qu'il a découverts conduiront à une nouvelle réévaluation de l'affaire. La route pourrait mener Edwige Alessandri devant la Cour européenne des droits de l'Homme, avec l'espoir d'une réhabilitation tant attendue.
Libre aujourd'hui, Edwige continue de croire en la justice. « Le paradoxe, c'est qu'elle est persuadée que la justice, à la fin, l'emportera », conclut Le Guilcher.
Les deux mégots, publié aux éditions Goutte-d'Or, 496 pages, 22,90 euros.







