Lors d'une audience au tribunal de Niort, une femme d'une trentaine d'années s'est retrouvée dans une situation complexe. Bien qu'elle ait appelé la police suite à une violente altercation avec son compagnon, elle a été condamnée à se défendre en affirmant que les violences dont elle avait été victime étaient de sa propre responsabilité.
Annaëlle (prénom d'emprunt) a été vue, assise au fond du tribunal, cachant son visage dans ses bras, les larmes aux yeux et un mouchoir humide à la main. La femme n'était pas, ce jour-là, une accusée, mais bien la victime d'une « violence sur conjointe suivie d'incapacité de travail n'excédant pas huit jours ». Malgré cela, elle a passé la majorité de son audience à se blâmer elle-même, une situation déchirante qui illustre la difficulté des affaires de violences conjugales, souvent liées à des complexités psychologiques d'emprise, reportent les magistrats.
« Je suis fautive », avait-elle déclaré. Ce type d'attitude est malheureusement courant parmi les victimes de violence conjugale qui, sous l'influence de leur agresseur, développent un sentiment de responsabilité par rapport aux actes de ce dernier. Des psychologues spécialisés en violences conjugales affirment que cette dynamique est souvent due à un processus d'emprise où l'agresseur manipule la victime pour lui faire croire qu'elle mérite les abus subis.
Ce cas a suscité des débats parmi les experts présents au tribunal, qui s'interrogent sur les moyens à mettre en œuvre pour aider les victimes à sortir de cette spirale de violence et à se libérer de ce sentiment de culpabilité. Selon une étude de l'INSEE, environ 220 000 femmes sont victimes de violences conjugales chaque année en France, et la nécessité de former les professionnels de la justice sur ces enjeux devient cruciale pour mieux accompagner les victimes.
Pour cette audience, le tribunal a pris le temps de délibérer, conscient des implications profondes de cette affaire. Les décisions rendues lors de telles audiences peuvent avoir des conséquences durables sur la vie des victimes.







