C'est une scène imprescriptible pour Laurence, 63 ans, qui réside à Ondres depuis janvier 2026. Elle avait adopté Mahé, une chatte écaille de tortue, afin de lui offrir une vie paisible après avoir été recueillie à Mayotte. Malheureusement, dans la nuit du 1er au 2 avril, l'animal a été retrouvé dans un état grave, victime présumée d'un tir.
Mahé, âgée d'environ six ans, avait déjà traversé des épreuves difficiles. Ramenée de la rue avec une hanche cassée, elle a été soignée avant de trouver un foyer aimant. « Quand elle est arrivée, ma mère a voulu qu'elle s'habitue à son nouvel environnement. Elle a été gardée à l'intérieur pendant deux mois, puis nous avons ouvert la chatière il y a environ quatre semaines », raconte Lucile, 31 ans, infirmière à La Réunion. Depuis, Mahé reprenait ses habitudes, sortant le jour et rentrant chaque soir.
Sang sur le pelage et au sol
Mais ce soir-là, Mahé n'est pas rentrée à l'heure habituelle. « Ma mère a entendu la chatière à 23 heures, ce qui était inhabituel, et surtout, elle n'a pas miaulé », ajoute Lucile. Intriguée, Laurence découvre alors sa chatte prostrée dans le couloir avec des traces de sang sur le pelage et au sol. En examinant l'animal, elle remarque deux petits trous sur sa patte avant.
« Mahé présente une fracture de l'ulna gauche avec des fragments de métal compatibles avec une balle ou un plomb »
Le lendemain, Mahé est conduite d'urgence chez le vétérinaire. La possibilité d'une morsure animale est rapidement écartée. Une radiographie révèle une blessure bien plus sérieuse. « Il semble qu'il y ait eu une explosion au niveau de l'articulation. Le vétérinaire ne pouvait pas dire s'il s'agissait d'une balle, d'un plomb ou d'un tir d'airsoft, mais toutes les options restent possibles », précise Lucile. Sur le diagnostic vétérinaire, il est clairement indiqué : « J'atteste avoir reçu Mahé qui présente une fracture de l'ulna gauche avec des fragments de métal compatibles avec une balle ou un plomb. »
Ce constat est un choc immense pour la famille. « Savoir qu'un être humain pourrait être responsable d'un tel acte nous a glacé le sang. On ne sait pas si l'intention était de tuer ou simplement de blesser. »
Main courante
Après une prise en charge urgente, l'animal est sédaté en raison de son stress et de sa douleur. Bien qu'une intervention chirurgicale ait été envisagée, elle a finalement été écartée. Mahé est maintenant sous antibiotiques et antidouleurs, mais elle ne pose toujours pas sa patte au sol et pourrait souffrir de séquelles à vie.
À son retour, une décision a été prise : la chatte ne sortira plus. « Ma mère a trop peur de la perdre. La chatière restera fermée », confie Lucile. La famille a également décidé de porter plainte à la gendarmerie. « Je sais qu'il y a des problèmes plus graves, mais nous tenions à faire une main courante au cas où d'autres incidents se produiraient. Pour moi, ceux qui s'en prennent aux animaux ne sont pas des gens très tendres avec les humains non plus », conclut-elle.
Parallèlement, un appel à témoins a été lancé sur les réseaux sociaux, générant des réactions alarmantes. Une habitante a signalé qu'un chat avait déjà été victime de tirs à plomb, tandis qu'une autre a fait état de disparitions fréquentes de félins dans la région.
Autant d'éléments qui, bien que non probants, laissent planer un climat d'inquiétude dans ce quartier en lisière de champs et d'habitations. En attendant, Mahé se remet progressivement tout en observant prudemment le monde extérieur à travers les fenêtres.







