Michael Peterson se trouve au centre d'une affaire judiciaire troublante après la mort inexpliquée de sa femme, Kathleen. Entre accusations de meurtre, révélations sur sa vie secrète, et théories surprenantes évoquant une chouette, le procès de cet écrivain a captivé l'Amérique.
Dans la nuit du 9 décembre 2001, à 2h40, les secours de Durham, en Caroline du Nord, reçoivent une alerte concernant une chute survenue chez Michael Peterson. En état de panique, ce dernier évoque une chute dans l'escalier, mais l'appel se coupe lorsqu'il annonce que sa femme ne respire plus.
À leur arrivée, les ambulanciers trouvent le corps de Kathleen, 48 ans, au pied de l'escalier. Des traces de sang abondantes intriguent les secouristes, qui constatent que le sang semble être sec, suggérant qu'elle est morte bien avant l'appel au secours.
Une chute fatale ?
Michael raconte aux policiers, dont le sergent Francis Borden, qu'ils avaient passé la soirée à boire près de leur piscine. Il explique qu’il n’a rien entendu de la chute et a découvert sa femme par la suite. Les enquêteurs, cependant, doutent de cette version. "La quantité de sang est trop importante pour une chute", observe Stéphane Berthomet, ancien policier et créateur du podcast Redoutables.
Des blessures intrigantes
Le médecin légiste conclut que Kathleen est morte d'une hémorragie, mais les marques sur sa tête demeurent inexplicables. Bien qu’elle ait consommé de l'alcool et un antalgique, l'autopsie révèle qu’elle a été frappée avec un objet contondant, probablement un tisonnier. Michael est alors inculpé pour meurtre, provoquant une onde de choc dans leur famille.
Un procès inattendu
Le procès, qui débute le 1er juillet 2003, dure trois mois et met en lumière la vie secrète de Michael. Pendant ce temps, ses enfants, à l'exception de la fille de Kathleen, apportent leur soutien à leur père. L’accusation se concentre sur les preuves matérielles indiquant un meurtre violent. En fin de compte, Peterson est condamné à perpétuité.
La chouette en question
En 2006, un avocat local, Laurence Pollard, propose une théorie peu conventionnelle : et si Kathleen avait été attaquée par une chouette ? Selon lui, les marques sur son crâne correspondent à celles laissées par une telle attaque. Des plumes retrouvées dans ses cheveux semblent renforcer cette hypothèse. Cependant, malgré les investigations, les juges rejettent cet argument en raison du manque de preuves nécessaires.
J'ai beaucoup de mal à penser que c'est un crime. Parce que les blessures ne correspondent pas à ça.
Jean-Xavier de Lestrade, réalisateur de la série documentaire "Soupçons" sur Netflix
Jean-Xavier de Lestrade, qui a suivi l'affaire de près, exprime ses doutes quant à la culpabilité de Peterson. "Les blessures sur Kathleen ne pointent pas vers un crime", explique-t-il après avoir étudié les éléments de preuve.
En 2011, une évolution majeure survient lorsque Duane Deaver, l’expert dont le témoignage a été crucial pour la condamnation de Peterson, est accusé de falsification dans d'autres affaires. Cela amène la cour à annuler la condamnation de Peterson, qui est alors libéré après avoir passé plus de huit ans en prison. Opérant sous la pression d'une procédure Alford, il admet l'existence de preuves suffisantes pour une condamnation, tout en maintenant son innocence.
Les invités de "L'heure du Crime"
- Stéphane Berthomet, ancien policier et créateur du podcast Redoutables.
- Jean-Xavier de Lestrade, réalisateur de la série documentaire Soupçons.







