Le gouvernement français a franchi une nouvelle étape en matière de sécurité publique avec la publication, jeudi, d'un décret au Journal officiel autorisant un nombre limité d'agents de sûreté de la SNCF et de la RATP à être équipés de pistolets à impulsion électrique, communément appelés Tasers. L'initiative, qui entrera en vigueur dès ce vendredi, s'inscrit dans un cadre expérimental d'une durée de trois ans.
Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a confirmé cette décision lors d'une interview sur TF1, indiquant que l'objectif principal est de renforcer la capacité des agents à gérer des situations potentiellement dangereuses : "L'utilisation du Taser peut être une bonne réponse, proportionnée à certains actes". Cette mesure devrait concerner environ 10% des agents de la police ferroviaire, soit entre 300 et 400 agents, qui commenceront à recevoir ces dispositifs dans les semaines à venir.
Le décret précise que cette démarche vise notamment à "accroître la maîtrise des situations à risques, réduire le recours aux armes à feu" et limiter les blessures potentielles pour les usagers. Selon des experts en sécurité, cette initiative pourrait réduire la violence en milieu ferroviaire, où les incidents ont augmenté ces dernières années. En effet, un rapport remis au ministère des Transports a révélés une inquiétante montée des violences envers le personnel de sécurité et les passagers.
Les syndicats, tout en saluant cette initiative, ont exprimé certaines réserves. Jean-Pierre R., porte-parole d'un syndicat de cheminots, a affirmé que "si la sécurité est primordiale, il est essentiel de former les agents à l'utilisation de telles armes afin d'éviter des dérives". D'autres pays européens, comme l'Espagne et le Portugal, ont déjà intégré ces dispositifs au sein de leurs forces de sécurité, affirmant que cela a contribué à diminuer la violence dans les transports publics.
La France se lance ainsi dans l'expérimentation de ces nouvelles mesures. Reste à observer l'impact de cette décision sur la sécurité dans les transports en commun et la perception qu'en auront les usagers.







