Lors d'une intervention sur « La Matinale » le 25 février, Sandrine Rousseau, députée écologiste de Paris, a évoqué la situation politique actuelle, comprenant la dissolution du groupe La Jeune Garde et les tensions autour de LFI et de Raphaël Arnault. Les actes de violence entre groupes d'ultra-gauche et d'ultra-droite, notamment la mort d'un militant identitaire à Lyon, ont également été mis en lumière.
Antoine Comte : Pour commencer, le décès du militant identitaire Quentin Deranque a suscité de vives réactions. Le gouvernement essaie de démontrer son engagement à travers une réponse politique et judiciaire. Soutenez-vous la décision de dissoudre à nouveau des groupes comme La Jeune Garde ?
Sandrine Rousseau : Bien que la dissolution puisse perturber temporairement un mouvement, son efficacité réelle est souvent remise en question. Il est primordial de se demander comment ces mesures seront suivies : quelle surveillance, quelles poursuites, et quelles condamnations seront effectivement prononcées ?
Concernant La Jeune Garde, il est trop tôt pour se prononcer, car une enquête est en cours. Cependant, il est indéniable que cela pourrait également viser à compromettre le retour de Raphaël Arnault à l'Assemblée, malgré son absence d’implication dans les récentes violences, que je condamne fortement.
Antoine Comte : Pensez-vous que cette démarche est une attaque politique contre LFI et Raphaël Arnault ?
Sandrine Rousseau : Il semble clair que, par cette procédure, le gouvernement cherche à fragiliser la position de Raphaël Arnault. À ce jour, il n’a aucune implication prouvée dans les violences récemment survenues.
Cette situation soulève des interrogations, surtout en ce qui concerne la relation entre LFI et l'exécutif. Alors que la montée de l'extrême droite est alarmante, LFI est souvent désignée comme le principal péril pour notre démocratie.
Antoine Comte : Ce soutien à Raphaël Arnault, cofondateur de La Jeune Garde, pose question. Que pensez-vous du soutien de LFI à ce groupe ?
Sandrine Rousseau : Ce qui m’inquiète est l’hypersensibilité actuelle des discussions autour de LFI. Ce dernier est souvent accusé à tort de représenter l'émergence d'un danger pour la démocratie alors que les menaces réelles proviennent de l'extrême droite, qui connaît un regain historique.
Historiquement, le front républicain avait été mis en place pour contrer des mouvements d'extrême droite. Il devient donc crucial de s’interroger sur le choix du gouvernement d'attaquer LFI à un moment où l'extrême droite est en pleine ascension.
Antoine Comte : Quelles actions le gouvernement devrait-il mettre en place concernant les groupuscules d'ultra-droite ?
Sandrine Rousseau : Sous la direction de Bruno Retailleau, le soutien à des groupes comme Némésis illustre l’ambivalence des positions du gouvernement. Dissoudre des groupes violents d'extrême droite est effectivement nécessaire, mais il faut se questionner sur l'exécution de cette dissolution.
Une enquête de Rue89 a publié des chiffres alarmants : 70 % des actes violents de l’extrême droite à Lyon n’ont jamais donné lieu à des poursuites. Je réclame une action ferme et des enquêtes approfondies pour garantir que des mesures judiciaires soient prises. La dissolution ne doit pas être une annonce médiatique sans suivi concret ; elle doit s’accompagner de réelles actions judiciaires.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l'interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.







