Jeudi dernier, la justice a infligé une peine de dix mois de prison avec sursis à deux policiers pour avoir manipulé le procès-verbal d'interpellation de quatre adolescents à Vitry-sur-Seine en 2020, une affaire qui avait largement ébranlé l'opinion publique.
La présidente du tribunal a souligné que le procès-verbal contenait intentionnellement des informations erronées. Contrairement aux réquisitions du parquet qui avaient proposé une peine de huit mois, le tribunal a tranché avec une sévérité inattendue.
Matthieu R., à l'époque agent de la Brigade anticriminalité, a été reconnu coupable d'avoir sciemment rédigé un faux. Ses explications, affirmant agir selon les indications de son supérieur, Romain E., ont été jugées peu crédibles par le tribunal.
Enquête approfondie de l'IGPN
Au cœur de cette affaire se trouve un document rédigé par Matthieu R. qui attestait que les jeunes avaient été identifiés par une victime d'un vol. Toutefois, des investigations menées par l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) ont révélé que cette identification était fallacieuse. Les photos avaient été envoyées par Romain E. tandis que les suspects étaient déjà en contact avec les policiers, contredisant ainsi le prétendu déroulement des événements.
Outre le sursis, le tribunal a rejeté la demande des policiers de ne pas inscrire cette condamnation à leur casier judiciaire. Ils devront également indemniser les adolescents, ainsi que leurs parents, pour le préjudice moral causé.
Matthieu R. a exprimé des réserves sur la décision, mentionnant la possibilité de faire appel, tandis que l'avocat des parties civiles, Me Jérôme Karsenti, a salué cette décision comme une reconnaissance de la vérité face à l'injustice.







