Le 24 février 2026, une importante opération de police et de gendarmerie a été menée dans une chambre funéraire au Gosier, en Guadeloupe, où au moins 15 corps ont été retrouvés. Ces dépouilles, conservées depuis plusieurs années, proviennent du CHU de Pointe-à-Pitre et n'avaient pas pu être inhumées en raison de divers problèmes administratifs.
Cette intervention, motivée par des signalements, a été effectuée par les militaires de la brigade de recherches de Pointe-à-Pitre, en partenariat avec les policiers du commissariat local. Parmi les corps retrouvés, certains remonteraient à la crise du Covid-19, l'un d'eux étant en attente d'inhumation depuis 2019. Une enquête judiciaire a été ouverte pour déterminer les circonstances de cette situation, rapportent nos confrères de Guadeloupe La 1re.
Un délai largement dépassé
Ce scandale a choqué les habitants de Gosier, où l’odeur provenant de l’établissement a été décrite comme "absolument extraordinaire" par un médecin voisin. Selon ses dires, "la moitié du Gosier suffoquait". L'absence de communication officielle a provoqué des rumeurs parmi la population locale, qui s'inquiétait de la situation.
La loi française stipule que les délais maximums d’inhumation ou de crémation sont de 14 jours. Les corps retrouvés seraient ceux de ressortissants étrangers ou de personnes vivant dans des conditions de précarité, qui n'auraient pas pu être réclamés par leurs familles. Dans certains cas, les proches auraient refusé de régler les frais de conservation, obligeant la commune à intervenir.
Un blocage administratif
Guadeloupe La 1re souligne que les dépouilles sont dans un état avancé de décomposition. L'enquête du parquet de Pointe-à-Pitre devra éclaircir comment ces corps ont pu rester en attente d’inhumation pendant près de sept ans.
Le gérant de la chambre funéraire a fourni sa version des faits, expliquant qu’il a hérité de 26 corps du CHU il y a trois ans, après une saturation de la morgue due à des pannes répétées durant la pandémie. Malgré plusieurs demandes, il n'a pas obtenu les autorisations nécessaires pour procéder aux inhumations.
"Ces corps n’ont pas pu être inhumés parce que les mairies ont refusé de nous délivrer les autorisations nécessaires, en raison de protocoles à suivre pour les défunts décédés plus de deux ans avant leur arrivée chez moi", a précisé le gérant. En outre, le manque de places dans les cimetières et la nécessité d'obtenir des autorisations préfectorales ont également été mentionnés dans son explication.







