Marie-Cécile Naves, directrice de recherche à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), s'est exprimée sur les récentes déclarations de Donald Trump concernant le conflit au Moyen-Orient lors de son intervention du mardi 7 avril.
Jean-Baptiste Marteau : Bonjour Marie-Cécile Naves. Informé par plusieurs sources médias, le nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, serait hospitalisé dans un état critique à Qom. Bien que cela n'ait pas été confirmé à ce jour par l'Iran ou les autorités américaines, cette situation pourrait avoir des implications. Comment cela influence-t-il la position de Donald Trump face aux gardiens de la révolution ?
Marie-Cécile Naves : La position de Donald Trump est très complexe. La résistance iranienne, avec un leader en retrait en raison de son état de santé, l'acculent de plus en plus. La campagne de désinformation lancée par l'Iran, qui tire parti des médias sociaux pour moquer Trump, alimente un antiaméricanisme. Cela pose un risque non seulement pour la sécurité des États-Unis, mais aussi pour celle de leurs alliés au sein de l'OTAN. Nous assistons à une surenchère des deux côtés, sans volonté de compromis, ce qui nous conduit vers une escalade future.
Avec l'ultimatum fixé par Trump pour mardi soir, menaçant de détruire l'Iran si les gardiens de la révolution ne libèrent pas le détroit d'Ormuz, on peut se demander si cette attitude est susceptible de changer.
Est-on alors face à un nouveau tournant dans le discours présidentiel ? Doit-on prendre ces menaces au sérieux ? Les ultimatums de Trump, tantôt ignorés, tantôt oubliés, semblent pourtant bel et bien ancrés dans une mise en scène de sa puissance militaire, mais cela ne suffira pas à transformer la situation. Ce récit peut donner l'impression d'une maîtrise, alors qu'en réalité, Trump peine à définir une stratégie claire pour sortir de ce conflit, qui manque tant de base légale qu d'objectifs explicites.
La rhétorique de « je peux raser un pays » est alarmante. Il veut faire croire qu’il agit pour le bien du peuple iranien, mais ce genre de discours ne fait qu’aggraver les tensions.
En conséquence, la guerre contre l'Iran semble être un effort chaotique sans vision tangible. Les objectifs du gouvernement américain se transforment constamment, qu'il s'agisse de la question nucléaire ou de changements de régime. Au final, Trump n'est pas le seul maître de la décision, malgré ce qu'il tente de faire paraître.







