Mardi, la Hongrie dirigée par Viktor Orban a été mise en cause par la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) pour son attitude à l'égard des personnes LGBT+. Cette décision est considérée comme "historique" à la fois par l'UE et diverses organisations non gouvernementales.
L'objet de la condamnation est une loi adoptée en 2021, qui limite l’accès à des contenus liés à la communauté LGBT+ dans les médias et les librairies, au prétexte de protéger les mineurs. Selon la CJUE, Budapest a "enfreint le droit de l'Union" en stigmatisant ce groupe.
La cour a exprimé son inquiétude, en soulignant que la législation assimile les personnes transgenres à une forme de délinquance, ce qui risque d'alimenter la haine et la discrimination à leur égard. Dans un contexte où spécifiquement après 16 ans de pouvoir, Viktor Orban a récemment perdu les élections, son successeur, Peter Magyar, a apporté une réponse plus inclusive en affirmant que "la Hongrie désire être un pays où personne n'est marginalisé pour ses choix amoureux".
Plusieurs ONG, dont Amnesty International et le Comité Helsinki, ont célébré cette décision, la qualifiant de "marqueur essentiel" qui mette fin à la politique d'exclusion du gouvernement hongrois, qui n’a plus sa place au sein de l'UE. Ces organisations saluent aussi le fait que la CJUE note pour la première fois une violation des valeurs communes européennes.
L’UE réagit également vivement à ce verdict. La porte-parole de la Commission, Paula Pinho, a insisté sur la nécessité pour le gouvernement hongrois de mettre en œuvre cette décision sans délai.
Ce litige représente une illustration frappante du bras de fer qui oppose les dirigeants hongrois nationalistes aux valeurs humanistes défendues par l'UE. Au total, seize États membres, dont la France et l'Allemagne, ainsi que le Parlement européen, se sont unis à la Commission pour attaquer cette législation, une première s’agissant d’un État membre.
Suite à l'application de cette loi, les médias audiovisuels sont interdits de transmettre des contenus LGBT+ durant la journée, tandis que les magasins ne peuvent pas vendre de produits LGBT+ à moins de 200 mètres des églises et des écoles. Certaines librairies ont même été sanctionnées pour avoir mis en vente des ouvrages illustrant des personnages LGBT+ dans leurs rayons jeunesse, comme l’a dénoncé l’ONG Reclaim.
Plus largement, les politiques de Viktor Orban tentent d'utiliser la défense des droits des enfants comme argument pour contrer les marches des fiertés dans le pays, montrant ainsi une volonté manifeste de régression sur les droits fondamentaux.







