Le ministre israélien des Affaires étrangères a déclaré jeudi que les militants pro-palestiniens arrêtés lors de la "flottille pour Gaza" seront transférés en Grèce plutôt qu'expulsés en Israël.
Précédemment, les autorités affirmaient que ces 175 militants (ou 211, selon les organisateurs) avaient été interceptés au large de la Crète, loin des côtes israéliennes. Gideon Saar a précisé sur X qu'en accord avec le gouvernement grec, les civils seraient débarqués dans les quelques heures sur les côtes helléniques.
Le ministère grec des Affaires étrangères a confirmé son engagement à faciliter ce transfert, assurant que les personnes à bord seraient renvoyées en toute sécurité dans leurs pays respectifs.
La situation a provoqué des réactions de plusieurs gouvernements européens, Rome et Berlin exprimant leur inquiétude, tandis que Paris a appelé tous les acteurs à respecter le droit international.
Une dizaine de pays, dont l'Espagne et la Turquie, ont également dénoncé les actions israéliennes comme étant des violations flagrantes du droit international. La France a signalé que 15 de ses ressortissants faisaient partie des personnes arrêtées, tandis que l'Italie exigeait la libération immédiate de ses 24 compatriotes.
Ce nouvel incident rappelle l'attention mondiale attirée par la première flottille mondiale Sumud qui, en 2025, avait vu plusieurs militants, y compris des figures emblématiques comme Greta Thunberg, arrêtés en mer. Ces militants avaient pour but de briser le blocus de Gaza pour apporter une aide humanitaire, malgré un fragile cessez-le-feu entre Israël et le Hamas en cours depuis octobre.
Les organisateurs ont rapporté que leurs bateaux avaient été abordés par des vedettes militaires israéliennes, qui auraient utilisé des lasers et des armes d'assaut lors de l'interception. Yasmine Scola, l'une des organisatrices, a qualifié ces actions de kidnapping lors d'une visioconférence de presse.
Les autorités israéliennes, pour leur part, ont indiqué qu'elles n'avaient trouvé que des préservatifs et de la cocaïne sur les bateaux, tandis que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a affirmé avoir donné l'ordre de stopper la flottille "pro-Hamas" avec succès.
Les États-Unis ont critiqué la flottille, la qualifiant de stratégie contre-productive, tout en encourageant des actions décisives de leurs alliés. Plus de 50 navires avaient quitté Marseille, Barcelone et Syracuse, mais une vingtaine demeurent en mer au large de la Crète, selon les organisateurs.
Amnesty International a condamné les actions israéliennes, estimant que l'interdiction de l'accès des bateaux transportant nourriture et matériel médical révélait jusqu'où Israël était prêt à aller pour maintenir son blocus sur Gaza, imposé depuis 2007.
Depuis la guerre déclenchée par l'attaque du Hamas en octobre 2023, les conditions de vie à Gaza se sont fortement détériorées, avec de sévères pénuries de nourriture et de médicaments, tandis que l'armée israélienne contrôle désormais plus de la moitié de cette zone côtière.







