Le climatoscepticisme refait surface aux États-Unis. Donald Trump a récemment annoncé la suppression de plusieurs restrictions instaurées sous l'administration Biden concernant les gaz fluorés HFC, largement utilisés dans la réfrigération et la climatisation. Au cours d'une allocution depuis le Bureau ovale, il a soutenu que cette décision était essentielle pour alléger les coûts pour les ménages américains en période d'inflation. "Cette mesure n'affectera pas l'environnement", a-t-il déclaré, tout en qualifiant les régulations de son prédécesseur de "ridicules".
Selon l'Agence de protection de l'environnement (EPA), ces changements pourraient entraîner une économie de "2,4 milliards de dollars" pour les consommateurs et les entreprises. L'une des mesures autorise plusieurs secteurs à continuer à utiliser des équipements ayant recours aux HFC, qui étaient pourtant censés être progressivement éliminés. Parallèlement, certaines obligations de réparation des fuites de ces gaz pour les transporteurs sont suspendues.
Contestation des organisations environnementales
Lee Zeldin, responsable de l'EPA, a critiqué ce qu'il appelle une "course frénétique et irresponsable" par les précédentes administrations pour réduire l'usage de ces réfrigérants. Les HFC, introduits dans les années 1990 pour remplacer des substances destructrices pour l'ozone, sont désormais décriés pour leur impact sur le réchauffement climatique.
Malgré ces justifications, plusieurs organisations environnementales, dont le Natural Resources Defense Council, s'élèvent contre cette politique. David Doniger met en garde : cette mesure pourrait "nuire aux consommateurs et au climat", tout en diminuant la compétitivité des États-Unis sur le marché mondial des réfrigérants écologiques.
L’administration Trump dérégule à tout-va
Les critiques émanent également du secteur industriel. Stephen Yurek, directeur de l’Air-Conditioning, Heating and Refrigeration Institute (AHRI), estime que ces mesures pourraient même générer une hausse des prix. Il prédit que plutôt que de réduire les coûts des réfrigérants, cette règle pourrait paradoxalement entraîner une escalade, impactant ainsi les coûts de maintenance et les finances des consommateurs.
David Ortega, spécialiste en économie alimentaire à l’Université du Michigan, souligne qu'aucune de ces mesures ne semble réellement contribuer à faire baisser les prix des produits alimentaires. Il estime que les événements climatiques extrêmes conduits par le changement climatique continueront d'affecter la production agricole, aggravant ainsi l'inflation alimentaire sur le long terme.
Cette décision s'inscrit dans un programme plus vaste de dérégulation environnementale promu par l'administration Trump, déjà teinté de mesures favorables aux énergies fossiles et opposé à diverses politiques climatiques.







