Dimanche, des centaines de prisonniers ont pris possession d'une prison située à Barinas, à l'ouest du Venezuela, pour dénoncer des actes de torture et exiger le départ du directeur de l'établissement. Cette révolte soulève des questions préoccupantes sur les conditions carcerales dans le pays, où le phénomène de surpopulation et les violations des droits humains sont monnaie courante.
Selon des ONG, les retards judiciaires sont alarmants, laissant de nombreux détenus incarcérés sans jugement, certains durant des mois. Ces abus sont souvent accentués par le manque de règlement et d'intérêt de la part des autorités, comme le souligne le rapport de l'Observatoire vénézuélien des prisons (OVP).
Les détenus ont ainsi manifesté leur colère en s'agglutinant sur le toit de la prison, brandissant des banderoles avec des messages tels que « SOS » et « On nous torture ». Les chants de « Plus de torture, plus de torture » résonnaient à travers les murs de l'établissement. Alors que des colonnes de fumée s'élevaient suite à des matelas incendiés, des policiers en tenue anti-émeute ont été déployés autour de l'Internat judiciaire de Barinas, selon des témoins.
Yelitza Arrollo, mère de l'un des détenus, a partagé son désespoir auprès de l’AFP, révélant que son fils avait été battu et soumis à des conditions inhumaines. « Ils souffrent terriblement. C'est une torture horrible », a-t-elle déclaré, appelant à la destitution immédiate du directeur.
Réforme promise par la présidente Rodriguez
Des sources proches des détenus rapportent également des blessures parmi les prisonniers. Bien que les autorités n'aient pas encore réagi, l'OVP a rapporté que « 1 200 hommes et plus de 100 femmes incarcérés à l'Injuba se sont déclarés en grève ». En effet, selon l'OVP, « le ministère des Services pénitentiaires ignore les plaintes des détenus, qui appellent à être entendus, mais la réponse a été violente, avec des tirs et des gaz lacrymogènes. »
En avril, une mutinerie dans la prison de haute sécurité de Yare III avait déjà conduit à la mort de cinq personnes. Face à cette situation critique, le président Nicolás Maduro avait alors ordonné une intervention militaire dans les établissements pénitentiaires, souvent dominés par des gangs. Actuellement, la présidente par intérim Delcy Rodriguez, successeur de Maduro, a promis une réforme judiciaire pour remédier à ces abus structurels au sein du système pénitentiaire.







