L'ancien président des Philippines, Rodrigo Duterte, s'apprête à se retrouver devant la Cour pénale internationale (CPI) à partir du 30 novembre, comme l'a annoncé un juge lors d'une récente audience. Ce procès marquera un moment déterminant dans l'histoire judiciaire internationale, car Duterte sera le premier ancien dirigeant asiatique à être jugé par cette cour.
Duterte fait face à trois chefs d'accusation concernant des crimes contre l'humanité, concernant au moins 76 meurtres liés à sa controversée "guerre contre la drogue", menée entre 2013 et 2018. Les procureurs planifient d'appeler entre 60 et 70 témoins durant le procès, selon des sources judiciaires.
À 81 ans, Duterte est actuellement représenté par l'avocat britannique Peter Haynes. La défense a demandée à ce que la date du procès ne soit pas arrêtée, plaidant que l’état de santé de M. Duterte doit être évalué avant qu'il ne comparaissent. "Il serait inapproprié de tenter de fixer une date... Son état de santé requiert une attention particulière", a soutenu l'équipe de défense.
Malgré une audience précédente où Duterte avait été déclaré apte à comparaître, il n'a pas assisté au procès en personne, ses avocats ayant avancé qu'il manquait de lucidité. Il a été aperçu une seule fois depuis son arrestation, par visioconférence, où il apparaissait désorienté.
Lors de l'audience de confirmation des charges en février, les procureurs ont déclaré que Duterte aurait orchestré des exécutions massives de trafiquants et de consommateurs de drogue. "Des décennies à assassiner son propre peuple, et il prétend avoir agi pour le bien de son pays. Il ne le nie pas", a déclaré Julian Nicholls, un membre du bureau du procureur. Les avocats des victimes ajoutent qu'un procès en bonne et due forme pourrait inciter davantage de familles à se manifester, augmentant ainsi la pression sur le système judiciaire philippin.
Bien que les Philippines se soient retirées de la CPI en 2019 sous les ordres de Duterte, la Cour a déterminé qu'elle demeure compétente pour juger des crimes allégués commis entre 2011 et 2019. M. Duterte, par la voix de son ancien avocat, Nicolas Kaufman, continue de clamer son innocence, affirmant que les preuves sont "insuffisantes" et que les accusations sont "motivées par des considérations politiques".







