Le Venezuela est confronté à une grave crise alimentaire et sanitaire suite à un séisme d'une rare violence survenu la semaine dernière, qui a causé près de 2.000 pertes humaines et des dizaines de milliers de disparus.
Les secours, déjà complexifiés par les restrictions gouvernementales, peinent à retrouver des survivants. La situation est d'autant plus urgente que le temps joue contre eux. "Chaque minute qui passe diminue nos chances de retrouver des vies", témoigne Luis Arteaga Benatuil, membre du groupe de secours USAR 13.
Depuis cette catastrophe, le gouvernement vénézuélien a intensifié les contrôles d'accès à La Guaira, la région la plus touchée, compliquant l'entrée des aides humanitaires et des bénévoles. Jorge Rodriguez, président de l'Assemblée nationale, a confirmé que 30.000 personnes se trouvaient dans des conditions critiques au moment du séisme. Malgré les efforts entrepris, 50.000 individus sont encore portés disparus.
La situation s'aggrave de jour en jour. Près de 58.870 bâtiments ont été dévastés, et le Haut-Commissariat aux réfugiés de l'ONU a signalé que les services essentiels, tels que l'approvisionnement en eau et la santé, sont actuellement en phase de défaillance. "Les pénuries alimentaires sont généralisées", a averti le HCR.
"La distribution d'aide est chaotique. Souvent, les premiers arrivés se servent avant les plus nécessiteux", déclare Yohana Alvarez, une vendeuse déplacée. Dans un climat d'incertitude et de désespoir, la population exprime son indignation sur les réseaux sociaux, facilement exacerbée par la lenteur des actions gouvernementales.
Parmi les témoignages poignants de la situation actuelle, Daniela Armas, 18 ans, explique que la lutte pour la nourriture est désormais monnaie courante : "Les gens s'accusent même d'être des voleurs pour un simple morceau de pain".
Pour faire face à cette crise, le Programme alimentaire mondial a lancé un appel d'urgence pour 50 millions de dollars afin de venir en aide à 500.000 personnes dans le besoin, mais les défis sont titanesques. Stephanie Hochstetter de l'ONU a souligné que de nombreuses familles, déjà vulnérables, risquent de sombrer dans une pauvreté encore plus extrême.
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) relève également un danger imminent d'épidémies, accentué par la désorganisation des services de santé et d'assainissement. "Ce sont des maladies que nous pourrions éviter avec la vaccination, mais la situation est alarmante", indique le porte-parole de l'OMS, Christian Lindmeier.
Les États-Unis ont annoncé un renforcement de leur aide, portant le total à 300 millions de dollars, alloués aux ONG et aux agences onusiennes présentes sur le terrain.
Alors que certains n'hésitent pas à se retrousser les manches pour aider, comme Diorjailis Escalona, jeune médecin devenue volontaire, d'autres, comme Wilker Molalla, se sont retrouvés face à une tragédie personnelle sans précédent, perdant le contact avec la plupart de leur famille dans cette catastrophe. "Il ne reste que deux d'entre nous", confie-t-il, les yeux baignés de larmes.







