Owen Cenazandotti, connu sous le pseudonyme de Naruto, âgé de 27 ans, et Safine Hamadi, 24 ans, sont convoqués au tribunal correctionnel de Nice le 6 juillet 2026. Ils doivent répondre de diverses accusations, notamment de violences en réunion et d'abus de faiblesse, suite au traitement de Jean Pormanove, alias Raphaël Graven, et d'autres individus, avant le décès de ce dernier. Cette affaire résume les dérives de certaines plateformes de streaming.
Le procès, prévu pour 13h30, ne portera cependant pas sur la mort de M. Pormanove. Une autopsie a révélé qu'aucune intervention extérieure n'avait causé sa mort. Cependant, les accusations concernent des actes de violence, de provocation à la haine et la diffusion d'images violentes durant des direct, où Jean et d'autres avaient été soumis à une humiliation répétée.
Tout a commencé fin 2024, quand Mediapart a rapporté des vidéos diffusées sur la chaîne de Naruto et Safine, située dans un local à Contes, près de Nice, sur la plateforme australienne Kick. L'enquête a été ouverte suite à des scènes troublantes montrant Jean Pormanove subir des insultes, des agressions physiques et même être la cible de tirs de paintball, le tout suivi par près de 200.000 internautes.
Une autre victime, Stéphane G., surnommé "Coudoux" et manifestement handicapé, a également été identifié. Des vidéos montraient un mineur impliqué dans des combats truqués avec Pormanove. Tous deux sont mentionnés dans la procédure judiciaire.
Les accusés avaient été arrêtés en janvier 2025, mais ils et les prétendus victimes avaient nié toute intention malveillante, affirmant que les violences étaient simulées pour le divertissement. Les fonds collectés lors des directs étaient répartis entre tous les participants, incitant ainsi à ces comportements.
Une dynamique lucrative
Selon le procureur de Nice, ces contenus ont rapporté des sommes conséquentes. Entre 2021 et 2025, Jean Pormanove aurait gagné pas moins de 140.000 euros, tandis que Naruto aurait empoché environ 460.000 euros sur la même période, et Safine, plus de 200.000 euros. Ces montants soulignent la forte incitation économique derrière de telles pratiques, soulevant de sérieuses questions sur la responsabilité des plateformes de streaming.







