Sur les questions environnementales, Matthieu Marquaille, vice-président d’Agglopolys en charge du petit et grand cycles de l’eau, du paysage et de la biodiversité, affiche une vision à long terme, allant au-delà de son mandat.
Un nouveau chapitre commence pour le conseil d’agglomération de Blois, qui a introduit une délibération inédite le 9 avril 2026 en regroupant divers enjeux sous une même délégation. À sa tête, Matthieu Marquaille, fraîchement élu à la municipalité. Pour lui, il est impératif de « penser les choses dans leur globalité ». Améliorer la qualité de l’eau pour les habitants pourrait également favoriser les écosystèmes environnants, et enrichir la biodiversité ainsi que le paysage.
Dans un contexte où les dérèglements climatiques menacent nos ressources, Marquaille souhaite « travailler sur les méandres » des rivières pour ralentir le flux de l’eau, se rapprochant ainsi de son état naturel souvent altéré. Il est également préoccupé par le ruissellement des terres agricoles, un phénomène de plus en plus courant. « Actuellement, cela pose un vrai défi, surtout en ce qui concerne les inondations par débordement, » souligne-t-il, appelant à une collaboration étroite avec les agriculteurs.
« Une responsabilité collective à assumer »
Concernant l’agriculture, il évoque la nécessité d’établir un périmètre de protection pour les captages d’eau potable à Averdon. « On ne peut pas se permettre d’échouer, » déclare-t-il, insistant sur la nécessité de dialoguer avec les agriculteurs, la chambre d’agriculture, et les citoyens pour établir un cadre clair sur les activités à privilégier ou à restreindre.
Sur le plan quantitatif, il rappelle que « la Loire devrait perdre 30 % de ses volumes d’eau d’ici à la fin du siècle », alors que « 60 % de l’eau consommée à Blois provient de la Loire ». Les solutions ? Diminuer la consommation d’eau et réduire les fuites dans le réseau, dont le taux de rendement varie de 70 % à 95 %, selon les communes. « Si une commune affiche 70 %, cela signifie que 30 % de l’eau se perd dans les canalisations, » confirme-t-il, étant donné que le réseau total couvre 1.800 km. À ce rythme, il faudrait 120 ans pour assurer la modernisation totale, ce qui est inacceptable : « Nous courons après le temps. »
La Loire va perdre 30 % de ses volumes d’eau d’ici la fin du siècle
Conscient de l'urgence, Marquaille souligne que des « investissements majeurs sont à prévoir dans les prochaines années », notamment pour de nouvelles usines de traitement des eaux usées à Blois. Mais son regard est tourné bien au-delà de son mandat : « Il est essentiel d’envisager la ville de demain sur le long terme tout en agissant rapidement. »







