Le porte-avions a accosté ce samedi 11 juillet à Toulon après un déploiement de plus de cinq mois et demi, une des missions les plus longues de son histoire, en raison des tensions au Proche et au Moyen-Orient.
Le moment tant attendu est enfin arrivé. Ce samedi 11 juillet, le porte-avions Charles-de-Gaulle a de nouveau foulé le sol de Toulon, salué par les jets d’eau des remorqueurs de la Marine nationale. Les quais de la base navale étaient chargés d'émotion, avec des centaines de proches réunis pour accueillir les quelque 2 000 marins qui avaient quitté pour mission le 27 janvier. Initialement prévu pour fin mai, ce retour intervient après une mission prolongée de 166 jours – près d’un mois et demi supplémentaire – en raison des tensions croissantes au sein du Moyen-Orient.
Une mission bouleversée par la guerre
Le déploiement avait débuté sur fond d’exercices militaires. Après des exercices avec des alliés dans l'Atlantique Nord, le groupe aéronaval s'était dirigé vers la Baltique pour renforcer la présence de l'OTAN. Cependant, l'escalade des conflits, notamment entre l'Iran, Israël et les États-Unis, a contraint le navire à changer de cap. Au début de mars, le porte-avions a reçu l'ordre d'urgente réaffectation en Méditerranée orientale, suite à des attaques de drones iraniens visant Chypre. Comme l'explique le capitaine de vaisseau Édouard, ces changements étaient inévitables face aux enjeux géopolitiques croissants, rapportés par Actu Toulon.
En quelques jours, le Charles-de-Gaulle a parcouru près de 6 000 kilomètres, poursuivant ensuite sa mission dans le golfe d’Oman, aux côtés du Royaume-Uni, pour sécuriser la navigation dans le détroit d'Ormuz, considérée comme un axe stratégique pour le commerce mondial.
Conditions extremes à bord
Cette mission a mis les équipes à l'épreuve, le porte-avions ayant parcouru plus de 40 000 milles nautiques, traversant six mers et deux océans tout en réalisant près de 3 400 appontages et plus de 5 000 heures de vol. Les conditions climatiques variaient drastiquement. Dans le port de Djibouti, la chaleur atteignait plus de 70 degrés, tandis qu'au large de l’Atlantique Nord, les températures chutaient à -4. Le capitaine Thomas Puga a partagé ces précisions, cité par Le Parisien.
Pour le contre-amiral Thibault de Possesse, ce déploiement restera exceptionnel, représentant la deuxième plus longue mission effectuée par le Charles-de-Gaulle depuis son lancement il y a 25 ans. Les retrouvailles sur le quai se sont déroulées loin des caméras, par respect pour l'intimité des familles, qui n'avaient entretenu contact que par quelques messages sporadiques. À bord, l’enthousiasme était palpable : "On est tous contents de rentrer à la maison", déclarait le second-maître Oriana, 26 ans, spécialisée dans le guidage des Rafale sur le pont d’envol.







