Ces dernières semaines, la dynamique sur le terrain yéménite a radicalement changé suite aux avancées des séparatistes, soutenus par les Émirats arabes unis, qui ont réussi à conquérir de nombreux territoires. Dans ce contexte, le gouverneur de Hadramout, Salem Al-Khanbashi, a déclenché une opération visant à rétablir le contrôle sur les bases militaires de la région, promettant une approche "pacifique". "Nous n'avons pas l'intention de déclencher une guerre, mais de restaurer la stabilité de notre province", a déclaré le gouverneur, qui a récemment été nommé commandant des forces du Bouclier national.
Les séparatistes du Conseil de transition du Sud (STC), qui bénéficient du soutien des Émirats, affirment qu'ils sont déterminés à maintenir leur emprise sur les territoires conquis et sont prêts à collaborer avec les forces du Bouclier national. Cette situation, qui a entraîné le déclenchement de l'état d'urgence dans le pays, est perçue comme une escalade des tensions entre les deux puissances régionales. L'Arabie saoudite a récemment accusé les Émirats d'être à l'origine de cette situation inédite, jugeant leurs actions "extrêmement dangereuses" et menaçantes pour la sécurité régionale.
Cette rivalité grandissante entre Riyad et Abou Dhabi jette une ombre sur la stabilité déjà fragile du Yémen. Les Émirats, pour leur part, ont démenti toute volonté d'"attiser le conflit", tout en annonçant le retrait de leurs forces restantes pour des raisons de "sécurité". Selon des experts, un apaisement des tensions entre ces deux alliés est crucial pour éviter une nouvelle escalade qui pourrait ravager le pays, déjà dévasté par près de huit ans de guerre civile.
La situation au Yémen reste complexe, avec des enjeux politiques et géostratégiques qui s'entremêlent. L'appui des Émirats aux séparatistes dans le sud contrarie les efforts de l'Arabie saoudite pour établir un gouvernement central unifié. Alors que la communauté internationale appelle à la réconciliation, ces développements récents soulèvent des inquiétudes quant à la capacité des acteurs internationaux à influencer positivement la situation sur le terrain. D'après une analyse de France 24, les ramifications de ce conflit pourraient avoir des répercussions bien au-delà des frontières yéménites.







