Javad Emam, porte-parole du Front des réformateurs, a été libéré jeudi 12 février après avoir été arrêté pour des accusations d'« atteinte à l’unité nationale » et de « coordination avec la propagande ennemie », rapportent divers médias iraniens.
Les manifestations de janvier dernier, qui ont secoué la République islamique, ont poussé de nombreuses personnalités du camp réformateur à se distancier du gouvernement. Emam, qui avait été l'un des responsables de campagne de Mir Hossein Moussavi lors des élections de 2009, reste une figure clé de la contestation, selon l'agence Fars.
Caution et avenir incertain
Emam a été libéré peu après avoir versé une caution, comme l'a précisé son avocat Hojjat Kermani à l'agence ISNA. Cette situation s'inscrit dans un contexte où le camp réformateur a majoritairement soutenu le président Massoud Pezeshkian lors de la campagne présidentielle de 2024, malgré certains membres qui ont choisi de soutenir activement les manifestants.
Azar Mansouri, ancienne conseillère du président Mohammad Khatami et actuelle cheffe du Front des réformateurs, reste quant à elle en détention. Son avocat a laissé entendre qu'une libération pourrait être envisagée prochainement, selon les évolutions de son mandat d'arrêt.
La répression continue de faire des vagues à travers le pays. Selon le quotidien Etemad, plusieurs figures du camp réformateur, dont Ebrahim Asgharzadeh, un ancien parlementaire, furent également arrêtées, amplifiant les préoccupations sur la liberté d'expression en Iran. L'arrestation de ces personnalités a été largement critiquée par des activistes et des membres de la société civile, qui voient dans ces actions une atteinte grandissante à la démocratie et aux droits humains.
Alors que les tensions persistent, les voix s'élèvent pour demander des changements significatifs, non seulement dans la politique du pays, mais aussi dans le traitement réservé aux dissidents. Les événements récents pourraient signer un tournant pour le mouvement réformateur iranien, une opportunité pour repenser son approche face à un régime de plus en plus répressif.







