New York (AFP) – La trompe d'un éléphant, capable de soulever un arbre tout en saisissant délicatement une chips, doit sa polyvalence à ses moustaches. Une récente étude publiée dans la revue américaine Science met en lumière ce phénomène fascinant.
L'équipe de chercheurs, dirigée par Andrew Schulz, a étudié les propriétés des vibrisses, ces poils sensibles qui tapissent la trompe. À la naissance, les éléphants possèdent environ 1.000 de ces organes sensoriels, qui jouent un rôle crucial dans leur perception de l'environnement.
En analysant la géométrie et la porosité de ces vibrisses, les scientifiques s'attendaient à des résultats similaires à ceux observés chez d'autres mammifères. Surprise ! Les vibrisses des éléphants se distinguent par une structure semblable à des lames, avec une composition poreuse, à l'image des cornes de mouton, renforçant leur capacité à absorber les chocs lors de la prise de nourriture.
Schulz explique : "La découverte la plus incroyable est que ces poils possèdent une base rigide qui devient ensuite très souple, amplifiant ainsi la sensibilité tactile." Contrairement à la plupart des mammifères, les vibrisses des éléphants ne se renouvellent pas, rendant donc leur structure plus résiliente.
Aider la technologie
Les moustaches des éléphants démontrent une sensibilité inégalée, bien supérieure à celle des rats, qui ne captent les vibrations qu’avec moins de finesse. La conception de ces vibrisses, avec leur base rigide et leur extrémité flexible, permet aux éléphants de discerner les objets lorsqu'ils cherchent leur nourriture.
D'autres études soulignent aussi que les éléphants utilisent leur trompe pour établir des liens sociaux, particulièrement par le biais des parties couvertes de vibrisses, une observation accentuée par Caitlin O'Connell-Rodwell, experte en écologie comportementale, qui a qualifié ces découvertes de "fascinantes". Elle ajoute : "Cela pourrait également avoir des implications pour leur communication, facilitant la récolte de fruits dans les arbres."
Ces moustaches pourraient même inspirer des avancées technologiques, notamment dans le domaine de la robotique. Schulz observe que leur architecture - rigide à la base et souple à l'extrémité - se retrouve dans de nombreux aspects biologiques, comme les ligaments croisés. Une compréhension approfondie de ces structures pourrait ouvrir la voie à de nouvelles technologies de réparation.
Cette recherche sur les éléphants illustre non seulement leur incroyable capacité d'adaptation, mais également la manière dont la nature peut influencer le développement technologique.







