Une réforme migratoire, soutenue par la Commission européenne, projette de créer des centres en dehors des frontières de l'UE pour les demandeurs d'asile déboutés. Lundi 16 février, près de 70 organisations non gouvernementales ont exprimé leur inquiétude face à ce projet, l'assimilant aux politiques strictes menées par l'ICE, l'agence de police de l'immigration américaine. Dans un effort collectif, elles ont appelé les responsables européens à abandonner ce texte, en affirmant que "la menace est réelle et immédiate".
Cette réforme vise à établir des "hubs de retour" à l'extérieur de l'UE. Elle prévoit aussi des sanctions renforcées pour les personnes qui refusent de quitter le territoire européen, incluant des périodes de détention prolongées et la confiscation de leurs documents d'identité. Bien que cette législation ait reçu le soutien de la majorité des États membres de l'UE, elle est fortement critiquée par des partis de gauche au sein du Parlement européen ainsi que par des associations de défense des droits des migrants.
Les critiques rejetées par la Commission
Les ONG mettent en lumière les dangers des "raids de police" et des pratiques de "profilage racial" qui pourraient découler de cette réforme. "Nous ne pouvons pas condamner les agissements de l'ICE aux États-Unis tout en soutenant des mesures similaires en Europe", a déclaré Michele LeVoy de PICUM, une ONG dédiée à la protection des sans-papiers. Cette lettre a également été signée par Médecins du Monde et Sea-Watch.
Cependant, l'exécutif européen rejette ces inquiétudes, affirmant que toutes les mesures proposées respecteront les droits fondamentaux des migrants. Il souligne également que ces réformes sont plébiscitées par une majorité de citoyens européens, dans un contexte où l'orientation politique s'est déplacée vers la droite, comme le rapporte Le Monde.







