Le général Wieslaw Kukula, chef d'état-major des Forces armées polonaises, a récemment exprimé ses vives inquiétudes quant au rythme de modernisation de l'armée de son pays. Il a souligné qu'il est nettement en-deçà des attentes, surtout en regard de la hausse des effectifs militaires. Lors d'une réunion à Varsovie, il a déclaré que « la Russie représente une menace existentielle » pour la Pologne, qui peine à mettre à niveau sa défense malgré des dépenses atteignant des niveaux records.
La Pologne, comme l'indique Le Figaro, est le plus grand pays du flanc oriental de l'OTAN, voisin de la Russie, de la Biélorussie et de l'Ukraine. Elle a engagé près de 4,8% de son PIB pour la défense cette année, s'approchant de son objectif d'atteindre 5% d'ici 2035. Toutefois, Kukula a mis en avant un aspect préoccupant : « malgré les efforts financiers, on ne peut compenser près de trente ans de sous-investissement ».
Les défis sont nombreux. Selon le général, le nombre de soldats pourrait atteindre 500.000 d'ici 2039, alors qu'il est actuellement d'environ 210.000. Cependant, certaines unités sont déjà en souffrance : « elles ne parviennent pas à atteindre les capacités d combat non pas à cause du manque de personnel, mais à cause d'un équipement de base insuffisant ».
La Pologne devrait prochainement recevoir un financement important, à hauteur de 43,7 milliards d'euros, via le programme d'action pour la sécurité en Europe (SAFE), qui vise à fortifier les capacités de défense européennes. Néanmoins, comme le résume Le Figaro, des tensions demeurent concernant les modalités d'allocation de ces fonds. Le parti Droit et Justice (PiS) s'inquiète que cela ne devienne un moyen de pression de Bruxelles sur Varsovie, en menaçant la souveraineté nationale.
Alors que la Russie continue d'être perçue comme une menace croissante, la Pologne doit agir rapidement pour s'assurer que ses forces armées soient à même de répondre à tout défi potentiel.







