Le cœur de Beyrouth est plongé dans l'effroi alors que les frappes israéliennes continuent de s'intensifier. Sarah Saleh et sa famille ont dû fuir en pyjama après avoir reçu un avertissement sur une attaque imminente sur leur immeuble, situé près d'une école transformée en centre d'accueil pour les déplacés.
Ce scénario tragique s'est cependant répété dans d'autres quartiers populaires, où plusieurs bombardements ont frappé sans avertissement, laissant les habitants sous le choc en pleine nuit et au lever du jour. Ces frappes, qui ont causé au moins 12 décès et plus de 41 blessés jusqu'à présent, constituent les plus violentes depuis le début du conflit entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars dernier.
"Il était quatre heures du matin (02H00 GMT) et nous étions endormis lorsque nous avons entendu l'alerte", se souvient Sarah, une jeune femme de 29 ans. En compagnie de ses proches, elle a quitté son domicile en pleine panique, les enfants en pleurs, fuyant vers le centre-ville, un souvenir déchirant pour sa famille qui avait déjà connu la guerre de 2024.
"Le bruit était terrifiant, tout Beyrouth a tremblé", raconte-t-elle, couverte de poussière provenant des décombres de son ancien immeuble dans le quartier de Bachoura, proche d'une artère majeure de la capitale. La violence du bombardement a été exacerbée par la montée des tensions régionales, le Hezbollah ayant franchi la ligne en attaquant Israël après des frappes israélo-américaines ayant tué le guide suprême iranien, Ali Khamenei.
Les représailles israéliennes ont pris la forme d'une campagne aérienne exhaustive sur le sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, et des opérations terrestres au sud du Liban. "Ce qui est vraiment inquiétant, c'est qu’ils frappent sans prévenir", insiste Sarah, soulignant l'importance de l'avertissement émis au moins une fois, qui a permis d'éviter des tragédies potentielles parmi les enfants et les personnes âgées présents dans leur refuge.
À quelques pas de là, dans le quartier de Zokak al-Blatt, des habitants s'affairent à nettoyer les débris, les éclats de verre et les dommages causés par les frappes récentes. Les bruits de générateurs et de camions déblayant les routes résonnent alors qu'un drone israélien survole la zone, amplifiant la peur ambiante. "Ma femme est tellement effrayée qu'elle souhaite quitter ce lieu", raconte Haidar, 68 ans.
Les explosions imprévisibles créent un cycle de terreur. Des familles, chargées de sacs et d'objets personnels, quittent le quartier, cherchant désespérément un refuge. Une récente frappe a causé la mort du directeur des programmes politiques de la chaîne de télévision du Hezbollah, al-Manar, témoignant de l'ampleur tragique de cette crise.
Depuis le début de la guerre en mars, le bilan humain est alarmant : plus de 912 morts, dont 111 enfants, et plus d'un million de personnes contraintes de fuir leurs foyers, représentant plus d'un sixième de la population libanaise. "Nous sommes à bout de nerfs, nous ne savons plus où aller", confie Zainab, 65 ans, résidente du quartier. "Les frappes sont si fréquentes qu'on ne sait jamais quand le cauchemar reprendra".







