Bruno Retailleau a décidé de ne pas donner de consigne de vote en faveur de Christian Estrosi pour le second tour des municipales à Nice. En agissant ainsi, le président des Républicains remet en question un accord électoral établi avec Horizons, laissant ainsi le champ libre à une montée de l'extrême droite.
"En leur âme et conscience". Bruno Retailleau a choisi de ne pas soutenir Christian Estrosi pour ce second tour, alors que le maire sortant de Horizons se retrouve en difficulté face à Éric Ciotti. Le vote prévu pour le 22 mars prochain pourrait ainsi être influencé par cette rupture de soutien.
Cette position a suscité l'indignation d'un certain nombre de figures politiques, allant d'Édouard Philippe à Gabriel Attal, sans oublier des membres de son propre parti. Un accord général avait pourtant été signé entre Les Républicains et Horizons, qu'il semble vouloir ignorer. Le 18 mars, lors d'une intervention sur BFMTV, Retailleau a expliqué que la campagne actuelle s'était transformée en un processus délétère, attribut qu'il dénonce à Estrosi.
Pas un soutien à Éric Ciotti
Une question demeure : Bruno Retailleau soutient-il Éric Ciotti ? Ce dernier a visiblement interprété le choix de Retailleau comme un soutien implicite à sa cause. Sur X, il a remercié Retailleau pour sa décision, qualifiant Estrosi de "candidat macroniste" au moment où Retailleau a insisté sur le fait qu'il ne soutiendrait pas Ciotti non plus. « J’ai redit que je ne soutenais pas Éric Ciotti », a-t-il déclaré.
« LR est en train d'être grand-remplacé par le RN »
Les critiques continuent de s'élever au sein des Républicains. Gérard Larcher a exprimé sa solidarité envers Christian Estrosi, tandis que des personnalités comme Michel Barnier et Xavier Bertrand, entre autres, ont dénoncé ce qu'ils considèrent comme une trahison. Bertrand a même qualifié le soutien de Retailleau à Ciotti d'« indignité ».
La sénatrice Dominique Estrosi-Sassone, proche de Retailleau, a tenté de minimiser la situation, mais des cadres du parti dénoncent déjà une double erreur de jugement. D'une part, en négligeant la réalité politique de leur département où le RN prend de l'ampleur, et d'autre part, en envoyant un message d'instabilité à leurs alliés.
Pierre-Henri Dumont, secrétaire général adjoint des Républicains, a exprimé sa préoccupation face à la situation actuelle, la qualifiant de "querelle de vieux amis" qui ne devrait pas affecter le parti au niveau national.
« Des repères fondamentaux disparaissent »
Malgré des appels à la réconciliation, la discussion entre Édouard Philippe et Bruno Retailleau n’a pas apporté de solutions. Horizons a publié un communiqué cinglant critiquant la position ambiguë des Républicains et appelant à une clarification. Gabriel Attal a de son côté exprimé ses craintes face à l’érosion des fondements politiques, affirmant que la ligne de défense contre le RN s’effondre peu à peu.
Dans ce contexte complexe, où la présidentielle de 2027 se profile, il est évident que la question de la unitée des Républicains est plus cruciale que jamais. Un membre du gouvernement a d'ailleurs souligné que sur de nombreux fronts, Bruno Retailleau se retrouvait de plus en plus isolé dans ses choix.







