Un des mystères les plus troublants de la Ve République refait surface. Robert Boulin, ancien ministre du Travail, a été découvert mort le 30 octobre 1979, dans un marécage de la forêt de Rambouillet. Bien que l'enquête ait immédiatement conclud à un suicide, cette version a toujours été contestée par sa famille. Dernièrement, le Parquet de Versailles a décidé de transférer ce dossier au pôle 'cold cases' de Nanterre, prenant ainsi en compte les nouvelles révélations qui pourraient éclairer cette affaire complexe.
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Robert Boulin : un nom qui évoque l'une des plus grandes énigmes politico-judiciaires. Quarante-sept ans après sa mort, de nouvelles investigations sont envisagées par le pôle 'cold cases'. Pour Fabienne Boulin-Burgeat, la fille de l'ancien ministre, il s'agit d'une ultime opportunité de faire la lumière sur cette tragédie. "Malgré une enquête désastreuse et des ingérences politiques inimaginables, je n'ai jamais perdu espoir dans la justice de mon pays," confie-t-elle.
Un meurtre déguisé ?
Robert Boulin, à l'époque, était déjà affaibli par des allégations d'escroquerie immobilière. Les autorités avaient rapidement évoqué le suicide, renforcé par la découverte d'une lettre d'adieu dans son bureau. Cependant, cette version suscite des doutes, surtout après la publication de photographies où son visage est marqué de contusions, ce qui a conduit à une exhumation de son corps en 1981 pour une nouvelle autopsie. Le médecin légiste Daniel Jo a observé des traces de violences, affirmant : "L'analyse de son crâne révèle une fracture qui indique qu'il a subi des coups alors qu'il était encore vivant. Cela plaide plutôt pour un meurtre déguisé."
Mais qui aurait eu intérêt à éliminer un homme respecté, ancien résistant et potentiellement futur Premier ministre ? Évoquant des liens avec le grand banditisme, certains témoins, comme Elio Darmon, affirment avoir entendu, dans un bar libertin parisien, des discussions sur l'assassinat de Boulin par des membres du SAC, un groupe paramilitaire affilié au gaullisme. "J'ai entendu qu'ils l'ont séquestré et tabassé avant que l'un d'eux ne dise que le patron avait demandé à ne pas le tuer," explique Darmon.
Malheureusement, Elio Darmon, qui avait révélé les noms des suspects aux autorités, est décédé dernièrement, laissant dans l'ombre les espoirs d'une réouverture complète de l'enquête. La pression pour clarifier ce qu'il s'est réellement passé en ce jour d'octobre 1979 s’intensifie, alors que la famille Boulin et l'opinion publique attendent des révélations. Selon des sources judiciaires, cette affaire classée pourrait encore recéler des surprises sur les véritables circonstances de la mort de Robert Boulin.







