Les 23 et 24 avril, Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, se rend à Bordeaux avec un agenda chargé. Au cœur de sa visite se trouvent le plan « collèges en progrès » et la question délicate de la démographie scolaire.
« Vous avez déclaré qu'il n’y aurait pas de réforme, Édouard Geffray. Quelle philosophie appliquerez-vous ? » interroge la presse. Le ministre exprime sa volonté de recentrer l'attention des personnels éducatifs sur leur cœur de métier: l’enseignement. Selon lui, l’école fait face à des défis majeurs, notamment la baisse démographique des élèves et l’émergence rapide de l’intelligence artificielle. Il insiste sur l’importance de créer des conditions propices à l’évolution de ces problématiques, en s’appuyant sur l’expertise de la Depp, qui fournit des projections à dix ans, une démarche inédite.
Les statistiques sont alarmantes : l’académie de Bordeaux prévoit une perte de 72 000 élèves en dix ans, tandis qu’à l’échelle nationale, ce chiffre grimpe à 1,7 million. À Paris, les effectifs ont chuté de 30 %. Afin de ne pas subir cette tendance, Geffray propose une approche proactive, mettant en avant la nécessité d'un accès équitable à l'éducation tout en améliorant la qualité de l'offre scolaire.
Pour répondre à cette crise, des travaux ont été lancés, permettant aux académies de concevoir leur carte scolaire, remettant ainsi en question le schéma traditionnel basé sur le budget annuel fixé par le ministère. Ce nouveau modèle requiert une collaboration étroite entre l’Éducation nationale et les collectivités locales, dans le but de s’inscrire dans une dynamique territoriale.
En parallèle, le ministre appelle à une amélioration de la santé physique et mentale des jeunes, en soulignant que « un jeune sur trois traverse des troubles anxio-dépressifs ». Cette préoccupation est accentuée par les effets nocifs des réseaux sociaux, qui sont en débat au Parlement. « Il est urgent d'interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans », affirme-t-il, soulignant l'impact de la surexposition à ces plateformes sur la santé des adolescents.
Geffray conclut en réaffirmant son engagement à défendre le personnel éducatif et à favoriser un environnement éducatif propice, loin des bouleversements organisationnels. Le défi de l’éducation en France est bien plus qu’une question de chiffres; il s’agit de préparer la génération future à un monde en constante évolution.







