Invité sur le plateau de BFM TV, Robert Ménard, maire de Béziers, s'est attaqué au ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, qui lui reproche de ne pas avoir obéi à la loi. En 2023, Ménard a décliné la demande de mariage d'une Française avec un ressortissant algérien sous obligation de quitter le territoire français (OQTF), critiquant ce dernier comme étant en situation irrégulière.
« Il se fou de moi. Il se moque de ma position », a déclaré Ménard en réponse aux remarques de Nuñez. Selon lui, cette affaire n'est pas une question juridique, mais morale. BFM TV a rapporté que, lors de son intervention publique, Ménard a exprimé son indignation face à cette législation qu'il qualifie d'« ubuesque ».
Le 7 juillet 2023, il a refusé d'unir Mustapha, un Algérien de 23 ans sans papiers, à Eva, une Française. Ménard affirme que son choix était en accord avec la volonté de la majorité des citoyens. « La menace d'une sanction est tellement forte qu'elle dissuade d'autres maires de suivre mon exemple », a-t-il déclaré.
Laurent Nuñez, en réponse, a soutenu que la loi exige que les maires respectent les procédures et ne peuvent s'opposer aux mariages, même dans des cas comme celui-ci. « C'est l'État de droit », a-t-il insisté. Il a néanmoins suggéré des réformes pour permettre aux élus locaux d'exiger des vérifications lorsque les intentions de mariage apparaissent douteuses.
Une loi « ubuesque » selon Robert Ménard
Ménard a appelé le ministre à faire preuve de « courage » et à reconnaître les contradictions de la loi actuelle. « Je ne vais pas marier une personne que je ne devrais même pas voir », a-t-il ajouté. En France, mariage et statut légal sont séparés par la loi, mais Ménard s'oppose à ce qu'il considère comme un détournement de la législation pour faciliter l'accès au droit de séjour.
Pour avoir maintenu sa position, Ménard fait face à un procès le 30 septembre prochain devant le tribunal correctionnel de Montpellier. Il risque jusqu'à cinq ans de prison et 75 000 euros d'amende, en plus d'une possible inéligibilité. Le débat sur le droit des maires à célébrer des mariages dans ces situations délicates est loin d'être clos en France, et suscite des réactions contrastées dans la sphère politique et sociale.







