Au cœur d'une salle d'audience tendue, l'avocat de Claude Guéant a vertement critiqué mardi le "cynisme" et la "cruauté" de Nicolas Sarkozy, un ancien président de la République mise en cause dans le cadre des allégations de financement libyen de sa campagne électorale de 2007.
Maître Philippe Bouchez El Ghozi a demandé à la cour d'appel de prononcer, le 30 novembre, la relaxe de son client, empêché de se présenter en raison de sa santé. Le procès, qui se conclut par les plaidoiries de la défense de Sarkozy, s'annonce tendu.
L'avocat a notamment pointé du doigt la manœuvre défensive de Sarkozy, résumée de manière cinglante : "Ce n'est pas moi, c'est les autres !" Cette déclaration témoigne d'une rupture qui s'est cristallisée entre Guéant, ancien bras droit de Sarkozy, et l'ex-président. Guéant, qui a été un précieux allié dans l'ascension de Sarkozy, s'est vu désormais étiqueté comme un "voyou" dans la défense du prévenu.
Ce retournement, d'après des analyses médiatiques, n'est pas sans créer des tensions palpables. "Sarkozy a choisi de trahir un homme dont l'intégrité a été mise en doute," souligne le quotidien Le Monde. En réponse, Claude Guéant avait déjà adressé des courriers à la cour d'appel, réfutant les allégations à son encontre sans toutefois incriminer directement son ancien supérieur.
Nicolas Sarkozy, conscient de la gravité des accusations, devrait faire face aux conséquences des choix qu'il a opérés, alors que s'élève un sentiment de trahison chez Guéant. "Passer de collaborateur de confiance à cible de l'accusation, c'est un gouffre émotionnel," déclare un expert en droit pénal.
La défense continue de nier tout pacte de corruption entre Guéant et le régime libyen, alors que les échanges tant privés qu'officiels sont scrutés. Bien que Guéant ait informé Sarkozy de rencontres avec des dignitaires libyens, son avocat insiste sur le fait qu'il n'a promis aucune faveur. Les rumeurs d'un potentiel échange de soutien pour Abdallah Senoussi, ancien haut responsable libyen, demeurent indéterminées.
Le parquet a requis six ans de prison contre Guéant et sept contre Sarkozy, qui invoque son innocence, appuyé par des figures politiques comme Brice Hortefeux et Éric Woerth, également sous enquête. Lors d'une première instance, Sarkozy a été condamné à cinq ans de prison ferme, tandis que Guéant, condamné à six ans, a évité l'incarcération pour des raisons de santé.







