L'État s'est engagé à préciser dans un mois les modalités de financement de la ligne à grande vitesse (LGV) Bordeaux-Toulouse/Dax. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a qualifié ce projet d'« irréversible », lors de sa visite à Toulouse, mais les collectivités craignent que le recours à un partenariat public-privé (PPP) n'aggrave le coût total de 7 milliards d’euros. La décision sur le financement doit être annoncée sous peu, soulevant de nombreuses interrogations.
Coût du projet réévalué à 15,5 milliards
Récemment, un protocole a revu à la hausse le coût du projet, désormais estimé à 15,5 milliards d'euros. Le financement sera réparti entre l'Union européenne (20 %), les collectivités locales (40 %) et l'État (40 %). La région Nouvelle-Aquitaine veille à ce que le projet englobe les liaisons avec Toulouse et Dax, tandis que les travaux en Espagne avancent. Cependant, face à un État aux ressources limitées, l'idée de faire appel au secteur privé est examinée.
Une nécessité pour certains
Les 24 collectivités soutenant le projet plaident pour un financement public, Alain Rousset, président de la région, affirmant que cela garantirait une meilleure maîtrise des coûts. « Je préside une structure capable d’emprunter sur quarante ans », a-t-il déclaré. À l'inverse, d'autres spécialistes, comme Dominique Bussereau, ancien ministre des Transports, estiment qu'une contribution privée est indispensable : « Nous n’y arriverons pas sans les financeurs privés », a-t-il souligné dans une interview.
Le spectre d'un surcoût
Les opposants à un PPP soulignent qu'il pourrait engendrer un surcoût de 7 milliards d’euros, selon Alain Rousset. Ce système nécessiterait une refonte des contrats et une prolongation des délais, sans aucune garantie d'économie pour l’État. En cas de choix pour ce modèle, certaines collectivités pourraient même se retirer du projet, mettant en péril la viabilité de la LGV.
« L’expérience montre que dans les projets avec portage public, le coût final peut être le double du montant initial »
Les inquiétudes sont exacerbées par le manque de prudence dans la gestion des projets similaires, relayant la nécessité d’une décision rapide et éclairée par les décideurs politiques. « La seule exigence du monde économique est de ne pas retarder davantage ce dossier, » a ajouté François Perrin, président du Medef Nouvelle-Aquitaine.
Mobilisation des anti-LGV
Les opposants au projet ne restent pas inactifs et prévoient plusieurs actions de mobilisation dans les prochains jours. Un pôle parlementaire anti-LGV se réunira bientôt pour élaborer une tribune mettant en avant leurs préoccupations quant à la viabilité financière du projet, comme l’a mentionné Mathilde Feld lors d'un récent discours.







