Alors que le corps d'une jeune fille, potentiellement celui de Lyhanna, âgée de 11 ans, a été retrouvé dans le Gers, la classe politique française ne cesse d'émettre des critiques vis-à-vis du système judiciaire. Cette enquête remet en question plusieurs alertes passées concernant le principal suspect, qui avait déjà fait l’objet de plaintes avant la disparition de l'enfant, sans que les autorités ne réagissent à temps. Alors que l'identification du corps doit être confirmée par autopsie, les chefs de divers partis politiques commencent à dénoncer des lacunes dans le traitement des signalements qui auraient pu éviter ce drame.
Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a exprimé une vive inquiétude concernant ce qu'il décrit comme un dysfonctionnement alarmant. Il a souligné la nécessité d'une meilleure coordination entre les parquets concernés et a évoqué les lenteurs administratives qui ont conduit à ce constat tragique.
Les réactions politiques affluent, notamment celle de Jordan Bardella, président du Rassemblement national, qui a dénoncé une « lourde défaillance de l’État » et a exigé des réponses. Bruno Retailleau, président des Républicains, a déclaré : « Notre système judiciaire est en faillite, et il doit être réformé pour garantir la sécurité de nos enfants. »
Même Édouard Philippe, ancien Premier ministre, a exprimé son indignation face à l'inefficacité des services de l’État concernant les alertes sur les mineurs, se demandant pourquoi la chaîne de commandement ne semble pas réagir de manière adéquate. « Quand un enfant est en danger, toute la chaîne devrait être instantanément mobilisée. »
Du côté de la gauche, la critique porte sur le manque de moyens accordés à la justice. Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes, a qualifié cette affaire de « symbole d’un système incapable de traiter les violences sexistes et sexuelles. » Elle a évoqué des lacunes dans la prise en compte de ces signalements, affirmant que les alertes avaient été ignorées.
La situation a interpellé le ministère de la Justice, dont le porte-parole, Sacha Straub-Kahn, a reconnu l'importance d'examiner sérieusement les manquements qui ont pu préexister. « Ce qui est arrivé à Lyhanna nous effraie tous. Nous devons nous interroger sur notre organisation et prendre des mesures significatives. »
Face à cette crise, le Premier ministre Sébastien Lecornu a convoqué une réunion d'urgence pour examiner en profondeur le parcours judiciaire du suspect et les alertes éventuelles qui auraient pu conduire à une action proactive de la part des autorités. C'est un moment décisif pour envisager des réformes nécessaires à la protection des enfants et des victimes.







