À moins d’un an de la présidentielle, le Rassemblement national s’impose déjà comme un acteur majeur sur l'échiquier politique. Selon une enquête Ifop-Fiducial pour Le Figaro, LCI et Sud Radio, Jordan Bardella se positionne nettement en tête des intentions de vote pour le premier tour, avec des estimations allant de 35 % à 37 %, un score sans précédent pour le parti. Il devance ainsi Marine Le Pen, qui oscille entre 32 % et 34 %. Cet écart suggère une mutation dans l'électorat, plusieurs citoyens semblant envisager l'absence de Le Pen lors de cette élection.
Comme l'explique Frédéric Dabi, directeur général opinion de l’Ifop, l'élan du RN s'inscrit dans un contexte où les questions relatives à la sécurité et la justice, notamment après l'affaire Lyhanna, ont résonné fortement. Le RN se prépâre à enregistrer des scores historiques.
Autour de Bardella, le bloc national progresse. Bien qu’Éric Zemmour reste en retrait avec des scores entre 3,5 % et 6 %, la somme des voix du RN et de Zemmour pourrait frôler les 40 %, un niveau sans précédent sous la Ve République.
Bardella aux commandes
Sur le flanc central, Édouard Philippe semble le mieux placé pour succéder à Emmanuel Macron, se maintenant entre 19 % et 21 % des intentions de vote, devançant Gabriel Attal qui évolue autour de 15 %. Dans un face-à-face, les chiffres sont défavorable pour Attal : Philippe apparaît à 14 %, contre seulement 8 % pour lui.
Philippe attire une base d’électeurs plus large, ceux provenant de la droite et du macronisme, tandis qu’Attal renvoie une image plus traditionnaliste du dernier quinquennat. Cette posture en fait un candidat plus rassurant pour les modérés en quête d’alternatives.
État des lieux à gauche
D'un autre côté, la droite représente une opportunité mitigée avec Bruno Retailleau, qui marque entre 9 % et 11 % selon les configurations. Annoncé à 14 % lorsqu’il affronte Le Pen et Attal, il peine toutefois à marquer une réelle percée.
À gauche, Jean-Luc Mélenchon demeure la figure centrale avec, selon les enquêtes, des intentions de vote entre 12 % et 15 %. Les autres leaders de gauche ont du mal à se faire entendre : Raphaël Glucksmann tourne autour de 8 % à 11 %, et François Hollande à 9 %. Cette division pourrait entraver leur chance d’accès au second tour.
En somme, le paysage politique français pourrait s’orienter vers un duel entre un candidat du RN et un centriste, renforçant une tendance à la marginalisation des forces de gauche. La question de l’union reste cruciale pour ces derniers, mais la route vers une alternative viables semble semée d’embûches.







