"Un marathon avec des haies", déclare Olivier Falorni, ancien député et désormais maire de La Rochelle, alors que son projet de loi sur le "droit à l'aide à mourir" arrive à son terme. Ce texte, soumis au vote final, marque l'aboutissement d'un engagement de longue date.
Dès 2012, peu après son élection, il soumettait sa première question sur le sujet au gouvernement, plaidant pour l'instauration d'une "assistance médicalisée au décès". Mercredi dernier, il a pris place dans les tribunes de l'Assemblée pour assister à ce vote tant attendu. L'émotion était palpable pour ce fervent défenseur de la dignité en fin de vie, qui a exprimé ses sentiments à l'approche de cette étape cruciale.
- "Souffrance absolue" -
En 2013, il s'était fait remarquer en s'adressant à la ministre de la Santé de l'époque, Marisol Touraine, en déclarant : "La dignité est un droit, elle exige une loi, ici et maintenant". Il évoquait la souffrance de sa mère face à la maladie, un souvenir qui l’habite toujours et le pousse à agir.
Revenant en 2021 avec une nouvelle proposition visant à garantir une "fin de vie libre et choisie", Falorni a rencontré des résistances significatives, notamment de la part des Républicains, qui ont multiplié les amendements pour bloquer le texte. Ce n'est qu'en cette année 2024 que les choses ont commencé à bouger, avec la promesse d'une réforme soutenue par Emmanuel Macron.
- "Contre le suicide" -
Tout au long de ce parcours complexe, Falorni a cherché à adoucir son image de fervent défenseur de l'aide à mourir. Membre de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), il insiste sur l'importance de cadrer ce droit, maintenant qu'il en a compris les implications.
Interrogé sur ses inspirations, il rappelle sa rencontre marquante avec Henri Caillavet, un ancien sénateur qui défendait le droit de vivre et de mourir selon ses propres termes. "La mort nous appartient autant que la vie", explique-t-il, tout en reconnaissant avoir tempéré ses positions au fil des ans.
Des figures politiques variées, telles qu'Agnès Firmin Le Bodo et Jean-Luc Romero-Michel, louent sa capacité à naviguer entre différentes opinions et à défendre ses idées sans jamais se renier. Polymerisant ses convictions au-delà des clivages partisans, Falorni a forgé une réputation de constance, saluée même par ceux de l'opposition.
La lutte pour un droit à l'aide à mourir en France reflète un débat sociétal bien plus vaste, un sujet qui, comme le dit Falorni, touche les cœurs et les consciences.







