PORTRAIT. À 67 ans, l'illustre figure du XV de France s'investit depuis environ cent jours dans un tout nouveau rôle : celui de maire de Biarritz.
Alors que l'été approche, animant la côte ouest de la France, Biarritz s’éveille avec ses commerces en effervescence et ses surfeurs à la recherche des vagues. Au cœur de cette harmonie balnéaire, un homme a su marquer un tournant dans sa vie, tout en restant fidèle à son essence, il s'agit de Serge Blanco. Le parcours vers cette victoire électorale n’a pourtant pas été simple. Lors du second tour des élections municipales, le 22 mars, ce candidat sans étiquette, classé comme divers centre, a réussi à devancer Maider Arosteguy (Les Républicains) avec 41,92 % des voix, dans une ville généralement dominée par la droite.
Né d'un père policier vénézuélien et d'une mère garde-barrière, Blanco a largement dévié des conventions politiques établies. Élevé par sa mère, il a forgé son idée du courage dès son enfance, avant de décrocher le titre d'arrière le plus capé du rugby français, célébré avec le Biarritz Olympique. Après avoir gagné en reconnaissance sur le terrain, il a également trouvé sa voie dans le monde des affaires, s'illustrant avec une marque de vêtements et un établissement de thalassothérapie à Hendaye (Pyrénées-Atlantiques), avant d'oser la politique.
Dès son élection, Serge Blanco se voit face à une polémique touchant au nom du quartier de La Négresse, que Karfa Diallo, président de l'association Mémoires et Partages, exige de voir « débaptisé ». En réponse dans Valeurs actuelles, il déclare : « J’habite La Négresse, et même moi, avec ma couleur de peau, je ne suis pas choqué. Cette polémique ne devrait même pas exister, ce nom fait partie de l'histoire de Biarritz. » Ainsi, le nouveau maire semble résolu à préserver l’identité de sa ville, contrant les attentes de certains qui souhaitent une Biarritz « rénovée ».
Le dimanche matin, on peut l’apercevoir au marché, captivé par une partie de cartes, toujours aussi attachant et populaire. Avec un carnet d'adresses envié, il entretient des discussions privilégiées avec des personnalités politiques. Philippe Nalpas, son adjoint aux finances, témoigne : « Il a une curiosité insatiable, il s'intéresse à chaque sujet et est bien organisé. Il s’est facilement adapté à la signature électronique, et son dynamisme est rafraîchissant. » En dépit de certains défis rencontrés dans le secteur hôtelier, son entourage souligne : il est conscient que ne pas traiter un dossier important aujourd'hui engendrera des coûts plus élevés demain.
Le premier défi à relever ? Réhabiliter l'Hôtel du Palais, rétrogradé au rang de cinq étoiles, afin de le faire briller à nouveau comme « un phare » pour la ville. Dans les moments de doute, Blanco se remémore parfois son passé de joueur, et avec un sourire, il répond : « Je suis désormais animé par une envie dévorante de mener à bien ma mission. »







