Le procès d'Íñigo Errejón, ancien haut responsable de la gauche radicale espagnole, se profile à l'horizon, plongeant une fois de plus le paysage politique espagnol dans un tourbillon de controverses. Errejón, 42 ans, cofondateur du mouvement Podemos en 2014 aux côtés de Pablo Iglesias, fait face à des accusations d'agression sexuelle formulées par l'actrice et présentatrice Elisa Mouliaá. Ce dernier, qui a quitté la politique en octobre 2024 suite à cette affaire, avait reconnu avoir commis des « erreurs », selon des sources proches du dossier.
Depuis la plainte de Mouliaá, décrivant des attouchements et des baisers non consentis lors d'un incident survenu en 2021, l'affaire a suscité une attention médiatique considérable. Le juge d'instruction, Adolfo Carretero, a déjà relevé des « indices » susceptibles de justifier un procès, un événement qui pourrait avoir des répercussions profondes sur la coalition gouvernementale actuelle dirigée par Pedro Sánchez. Ce dernier, d'ailleurs, fait face à ses propres défis avec des enquêtes de corruption visant plusieurs membres de son entourage.
La décision de poursuivre Errejón est intervenue après l’examen minutieux des preuves présentées à la cour. Un montant de 30.000 euros a été fixé en guise de caution, destiné à garantir le paiement d'une éventuelle indemnisation à la plaignante, comme l'a rapporté le quotidien Le Monde. La défense d'Elisa Mouliaá prône une peine de trois ans de prison pour Errejón, ainsi qu'une compensation pour le préjudice moral qu'elle aurait subi.
Un expert en droit pénal, interrogé par El País, souligne l'importance de ce procès non seulement pour la justice individuelle, mais aussi pour la perception publique des comportements sexuels inappropriés dans le milieu politique. « Ce type d'affaire met en lumière la nécessité d'une responsabilité accrue et d'un changement systémique dans la culture politique », a déclaré l'expert. Alors que le procès n'a pas encore de date fixée, le pays attend avec impatience les développements judiciaires qui pourraient redéfinir le cadre de la lutte contre les violences sexistes en Espagne.







